La demande énergétique de l'IA explose : les centres de données consomment autant d'électricité que des pays entiers. Les petits réacteurs modulaires pourraient aider à réduire les émissions.
L'essor rapide de la consommation énergétique de l'IA
L'intelligence artificielle progresse rapidement et transforme de nombreux usages, mais ce progrès a des conséquences, en particulier dans le secteur de l'énergie. Une requête adressée à une IA mobilise davantage de ressources qu'une requête sur un moteur de recherche traditionnel, ce qui entraîne une hausse de la consommation d'énergie.Une demande énergétique des centres de données en forte croissance
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que l'électricité nécessaire aux centres de données dans le monde pourrait passer de 460 térawattheures (TWh) en 2024 à plus de 1 000 TWh d'ici 2030, puis à 1 300 TWh d'ici 2035. Pour mettre ces chiffres en perspective, la France a consommé 451 TWh d'électricité en 2025 : les centres de données utilisent donc déjà, cette année-là, autant d'électricité que l'ensemble du pays.Les sources d'énergie des centres de données
Selon l'AIE, les centres de données dans le monde s'appuient sur un mélange de sources d'énergie : 30 % de charbon, 27 % d'énergies renouvelables, 26 % de gaz naturel et 15 % de nucléaire. Les énergies renouvelables sont celles qui progressent le plus vite, avec une hausse annuelle attendue de 22 % entre 2024 et 2030.Les difficultés pour réduire les émissions de carbone
Malgré le développement des énergies renouvelables, le charbon et le gaz naturel devraient couvrir plus de 40 % des besoins supplémentaires en électricité des centres de données d'ici 2030. En conséquence, les émissions de dioxyde de carbone de ces installations risquent d'augmenter dans les années à venir.Les petits réacteurs modulaires, une solution potentielle
L'AIE estime que le développement des énergies renouvelables et le recours aux petits réacteurs modulaires (SMR, pour small modular reactors) pourraient contribuer à réduire les émissions. Les SMR sont de plus petite taille et conçus pour être déployés plus rapidement que les réacteurs traditionnels, dont la construction peut prendre des années.Les efforts mondiaux dans le développement des SMR
L'Agence de l'OCDE pour l'énergie nucléaire (AEN) recense 156 projets de SMR et de microréacteurs dans le monde, dont une dizaine en France. Les États-Unis sont en tête du développement des SMR, et les grandes entreprises technologiques comptent parmi les principaux soutiens financiers de ces projets.Les perspectives d'émissions à venir
Si les projets de SMR et d'énergies renouvelables se réalisent comme prévu, les émissions de dioxyde de carbone des centres de données pourraient atteindre un pic d'environ 320 millions de tonnes en 2030, avant de diminuer légèrement d'ici 2035. Ces émissions resteraient toutefois inférieures à 1 % des émissions mondiales de CO2.La consommation des centres de données en France
En France, les centres de données directement raccordés au réseau de transport ont consommé près de 1 TWh en 2025, contre 0,8 TWh en 2024. En ajoutant la consommation supplémentaire sur le réseau de distribution d'Enedis, le total atteint environ 3 TWh. Ce volume reste modeste au regard de la consommation électrique globale du pays, qui est composée à plus de 95 % d'électricité bas carbone.