La demande énergétique de l'IA augmente rapidement

La croissance des énergies renouvelables ne suffit pas à répondre aux besoins énergétiques de l'intelligence artificielle, ce qui devrait entraîner une hausse des émissions de CO2 au moins jusqu'en 2030. La situation pourrait enfin changer lorsque les petits réacteurs modulaires (SMR) arriveront sur le marché.

L'IA fait grimper la consommation d'électricité

La course à l'intelligence artificielle implique une course à la production d'énergie. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'essor de l'IA devrait entraîner une forte hausse de la consommation d'électricité des centres de données dans le monde, qui passerait de 460 térawattheures (TWh) en 2024 à 1000 TWh en 2030, puis à 1300 TWh en 2035.

Les énergies fossiles toujours dominantes

Actuellement, le charbon reste la principale source du mix électrique des centres de données, produisant 30 % de l'électricité nécessaire. Les énergies renouvelables, prises ensemble, arrivent en deuxième position avec 27 % de ce mix. Le gaz naturel occupe la troisième place, avec 26 % de l'électricité nécessaire aux centres de données. Ces chiffres reposent sur la source réelle de l'électricité alimentant les centres de données, et non sur les accords potentiels entre les hyperscalers et les fournisseurs d'électricité.

Le potentiel nucléaire avec les SMR

L'énergie nucléaire ne produit que 15 % de l'électricité requise. Toutefois, c'est la croissance de l'énergie nucléaire grâce aux petits réacteurs modulaires (SMR) qui pourrait permettre une réelle baisse des émissions de CO2 associées aux centres de données.

Les renouvelables ne suffisent pas

Les énergies renouvelables demeurent le moyen de production d'électricité qui connaît la croissance la plus rapide, et cette tendance devrait se poursuivre jusqu'en 2030. L'AIE estime que cette hausse devrait atteindre en moyenne 22 % entre 2024 et 2030, ce qui leur permettrait de couvrir la moitié de l'augmentation des besoins en électricité des centres de données. Cependant, cela ne suffira pas à répondre à ces besoins en électricité de plus en plus importants. Par conséquent, le charbon et le gaz naturel devraient couvrir 40 % des besoins supplémentaires en électricité jusqu'en 2030, ce qui coïnciderait avec un pic des émissions en 2030, atteignant 320 millions de tonnes de CO2.

Les SMR nécessaires pour réduire les émissions

Le début de la démocratisation des petits réacteurs modulaires (SMR) à partir de 2030 sera nécessaire pour espérer une réelle baisse des émissions de CO2. C'est uniquement à cette condition, et avec la poursuite de la forte croissance des énergies renouvelables, que les émissions devraient diminuer, le recours au charbon reculant. En effet, l'AIE a estimé les émissions de CO2 associées aux centres de données à 300 millions de tonnes de CO2 en 2035.

Les centres de données encore marginaux

Il convient également de noter que, malgré une hausse spectaculaire des besoins en électricité, les centres de données ne représentent aujourd'hui que 1 % de la production mondiale totale d'électricité, et ne devraient pas dépasser 3 % en 2030.