Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, a suscité une polémique le 9 octobre après avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle déclarait ne pas vouloir porter le ruban rose, symbole associé à Octobre rose, le mois de mobilisation contre le cancer du sein en France. Elle a affirmé que le cancer du sein est « le cancer le plus mortel chez les femmes » et que le nombre de cas a « explosé ces trente dernières années ». Panot a critiqué la campagne en déclarant : « Quand on gratte la peinture rose, on découvre un cynisme absolu. » Elle a associé cette campagne au groupe Syngenta, un important producteur de pesticides, suggérant que l’entreprise pourrait promouvoir le dépistage du cancer du sein pour élargir son marché. Elle a souligné que Syngenta, ancien fabricant du pesticide DDT, commercialise également des traitements contre le cancer du sein et est lié à la société israélienne Adama. Elle a accusé l’entreprise d’être « intimement liée au projet expansionniste d’Israël » et a estimé que la campagne du ruban rose pourrait servir à vendre à la fois « le poison qui rend malade » et « le traitement ». Les propos de Panot ont suscité de vives réactions parmi les responsables politiques. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a défendu la campagne en affirmant que la lutte contre le cancer du sein « mérite mieux que des approximations scientifiques et des débats politiques ». Elle a reconnu que le nombre de diagnostics de cancer du sein a doublé depuis 1990, mais a précisé que cette hausse pourrait s’expliquer en partie par la croissance démographique et le vieillissement de la population. Elle a souligné que les taux de mortalité ont diminué de 1,5 % par an entre 2019 et 2023, attribuant cette amélioration aux progrès de la recherche, des traitements et du dépistage. Rist a également indiqué que, si certaines études soulèvent des interrogations sur le lien entre pesticides et cancer du sein, aucune preuve concluante n’établit que les pesticides soient seuls responsables de l’augmentation des cas. Marine Le Pen, candidate à la présidentielle pour le RN, a critiqué Panot pour avoir associé le ruban rose à Israël, estimant que sa position « cache un antisémitisme de plus en plus assumé ». Prisca Thevenot, députée Ensemble pour la République, a qualifié Panot de « honte pour la République », tandis qu’Aurélien Rousseau, député Place publique et ancien ministre de la Santé, a jugé ses propos « une mise en scène indécente ». Il a défendu l’utilité de la campagne du ruban rose, soulignant qu’elle permet de sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein. La campagne du ruban rose a été lancée aux États-Unis en 1992, lorsque Evelyn H. Lauder, alors directrice chez Estée Lauder Companies, a co-créé ce symbole avec le magazine Self. Le ruban rose est rapidement devenu un emblème international de la mobilisation contre le cancer du sein, utilisé pour promouvoir la sensibilisation, la recherche et le soutien aux personnes touchées par la maladie.