La Métropole européenne de Strasbourg (MES) s’apprête à réexaminer sa situation financière après une récente réunion du conseil municipal. Les élus des 33 communes qui composent l’agglomération strasbourgeoise doivent se réunir ce vendredi 9 octobre pour voter un budget supplémentaire pour 2026. Cette démarche fait suite à un audit financier commandé par la nouvelle majorité politique, qui vise à ajuster le budget approuvé en décembre 2025 et à modifier plusieurs crédits et autorisations de programme. L’audit révèle que l’endettement de la MES est passé de 579 millions d’euros en 2020 à 911 millions d’euros à la fin de l’année 2026. La situation financière est qualifiée de « très contrainte », avec des recettes inférieures de 8,9 millions d’euros aux prévisions. Carole Barrière, vice-présidente chargée des finances, explique que les réductions de dépenses ne sont que des « reports sur les années futures ». Parmi les coupes spécifiques figurent le financement de la piscine urbaine et des îlots de fraîcheur, ramené de 8 à 1 million d’euros, ainsi que celui de projets comme la modernisation d’une usine de valorisation énergétique des déchets, des voiries, des pistes cyclables et des acquisitions foncières pour les extensions de tramway. En revanche, des domaines comme le logement, le sport, le développement économique et l’enseignement supérieur bénéficient d’un financement accru, avec un total de 65,6 millions d’euros supplémentaires alloués aux crédits d’investissement. Une autre résolution, susceptible de susciter la controverse, porte sur des modifications du règlement intérieur du conseil de la MES. Les nouvelles règles proposées incluent des limites plus strictes sur le temps de parole et les textes déposés, ainsi que la suppression des résolutions et des délais pour les textes supplémentaires. Les interventions des groupes politiques et les questions d’actualité sont désormais plus encadrées. À Strasbourg, ces nouvelles dispositions ont conduit certains groupes à quitter la séance après le rejet de leurs amendements par la majorité. Une nouvelle disposition prévoit la réintroduction d’une commission permanente qui se réunira à huis clos pour examiner certains points, qui ne seront plus soumis au conseil de la MES. Cette commission avait été créée en 2014 par Robert Herrmann avant d’être supprimée par Jeanne Barseghian et Pia Imbs. Jeanne Barseghian, désormais dans l’opposition, s’inquiète de voir des sujets politiques discutés en privé. Catherine Trautmann, en revanche, défend cette commission, affirmant qu’elle ne traitera que de « points techniques » et que tout sujet souhaité par les élus pourra toujours être débattu en séance plénière. Le point 56 propose d’abroger une résolution adoptée le 19 décembre 2025 par l’ancienne majorité écologiste, qui étendait le droit de préemption urbaine renforcée à l’Esplanade. La nouvelle majorité estime que cette mesure n’est plus justifiée et prévoit de travailler avec les habitants, les copropriétaires, les commerçants et les acteurs du quartier pour discuter de l’avenir du centre commercial et des espaces publics. Cette abrogation avait été annoncée par Catherine Trautmann comme une promesse de campagne. Plusieurs groupes politiques, dont les Écologistes et le groupe centriste et LR autour de Jean-Philippe Vetter, prévoient cependant d’intervenir sur ce sujet. Le point 18 concerne un futur pacte de gouvernance entre les communes et la MES. Le principe en a été fixé par la nouvelle majorité autour de Catherine Trautmann et des élus de droite Thibaud Philipps et Catherine Graef-Eckert. La proposition met l’accent sur le rôle des maires en tant que « premiers interlocuteurs des habitants » et détenteurs d’un mandat démocratique qui doit être davantage pris en compte dans l’élaboration des politiques métropolitaines. Le texte doit encore faire l’objet de débats et n’est pas encore un pacte définitivement adopté, mais le lancement de son élaboration. Il s’agit d’un des marqueurs politiques de la nouvelle majorité métropolitaine, visant à montrer une relation différente entre Strasbourg et les autres communes de l’agglomération. Le rapport annuel sur l’eau et l’assainissement, au point 53, fera également l’objet d’un suivi. Le document indique qu’en 2025, le prix moyen de l’eau s’élevait à 3,04 euros TTC le mètre cube, contre 2,97 euros en 2024. Cette hausse s’explique par la restructuration des redevances de l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la révision des tarifs du concessionnaire. Cependant, le document ne fixe pas lui-même les prochains prix. Il indique seulement que le prix de l’eau doit « préserver la capacité du budget annuel à s’autofinancer, alors que des investissements importants restent programmés ». Selon des documents consultés, les services de la MES travaillent sur une augmentation d’environ un euro par mois et par foyer, principalement liée à l’assainissement, pour financer les futurs investissements. La promesse faite par Catherine Trautmann de rendre les 15 premiers mètres cubes d’eau gratuits a été mise de côté, et la résolution soumise au vote ce vendredi ne revient pas sur cette promesse ou son abandon, bien que le groupe d’opposition de gauche de Schiltigheim compte la questionner sur ce point. Plusieurs résolutions concernent également des opérations foncières, dont l’extension de la zone d’activités de Fegersheim ou des acquisitions et gestions de terrains dans différentes communes. Plusieurs points portent sur des subventions, notamment les points 20, 27, 29, 30, 32, 37, 40, 41, 42, 45, 47, 66, 67, 68 et 69. Jean-Philippe Maurer (Les Républicains) doit interroger l’exécutif sur la sécurité dans les transports en commun de la MES. Florian Kobryn (LFI) souhaite ouvrir un débat sur la mobilisation étudiante. Une demande similaire déposée par Irène Weiss (LR), concernant les violences liées aux blocages, n’a cependant pas été acceptée au motif que le sujet ne relevait pas suffisamment des compétences de la MES. Le débat demandé par l’élu insoumis pourrait connaître le même sort.