Métropole adopte le budget 2026 avec recours à l'emprunt

Le conseil métropolitain a enfin approuvé son budget 2026 le 15 octobre, en recourant à des fonds empruntés pour combler un déficit financier. Ce budget remplace celui imposé par le préfet de région après un vote négatif en avril, mettant fin à un différend de six mois entre les maires et les élus du conseil sur la manière de combler un écart de 144 millions d'euros.

Écart budgétaire comblé par des économies et des emprunts

Après la mise en œuvre d'économies et de coupes dans différents domaines, qui ont permis de dégager environ 90 millions d'euros, il restait encore 50 millions d'euros à trouver. Les maires ont rejeté les propositions visant à réduire les subventions aux communes et les exonérations fiscales, et ont plutôt opté pour une manœuvre financière qualifiée de « tour de passe-passe comptable » par un expert financier.

Manœuvre financière assimilée à un emprunt

Cette manœuvre consiste à utiliser un système de comptes financiers interconnectés pour reconstituer les amortissements des investissements, une opération qui équivaut en pratique à un emprunt. Cette approche réduit l'épargne de l'intercommunalité de 52 millions d'euros et pourrait avoir des répercussions sur les taux d'emprunt et la capacité de désendettement, qui passerait de 9,9 ans à 13,7 ans.

Le conseil condamne les coupes de l'État et réclame une action

Le conseil a adopté à l'unanimité une motion condamnant les coupes imposées par l'État et exhortant le gouvernement à cesser de « faire une nouvelle saignée sur nos communes ». Cet appel a été porté par Georges Cristiani, président de l'Union des maires des Bouches-du-Rhône, qui estime que le gouvernement doit recourir à un « traitement de choc » pour répondre à la crise.

De nouvelles sources de recettes à l'étude

Le conseil explore déjà de nouvelles sources de recettes pour le prochain budget, le transport étant un domaine clé. Une nouvelle grille tarifaire du RTM a été adoptée, supprimant les mesures de gratuité dans le secteur d'Aubagne et instaurant un modèle de « tarification sociale » qui pourrait générer environ 20 millions d'euros de recettes supplémentaires par an.

Hausse du versement mobilité en discussion

La Métropole envisage d'augmenter le versement mobilité, une contribution des entreprises de plus de 11 salariés. Actuellement plafonné à 2 %, un relèvement de 1 % pourrait rapporter 220 millions d'euros par an. Une motion spécifique a été adoptée pour soutenir cette évolution, avec des dispositions permettant d'adapter le taux en fonction des différences territoriales et du niveau de service.

Audit gouvernemental de la Métropole en cours

Dans le cadre de la crise budgétaire en cours, le gouvernement a lancé un audit indépendant de la Métropole Aix-Marseille-Provence. Cet audit, conduit par l'ancien ministre Dominique Bussereau et Jean-François Debat, examinera les finances, la gouvernance et l'organisation territoriale de la Métropole. Les conclusions devraient être remises au gouvernement d'ici la fin de l'année.