Les contrats d'assurance santé en France varient fortement en matière de prise en charge de la médecine alternative et de l'automédication, certains offrant jusqu'à 60 € pour des produits de bien-être.
Des garanties très variables selon les assurances santé
Une comparaison des contrats d'assurance santé en France montre une grande diversité de remboursements pour les médecines alternatives et l'automédication. Neuf contrats de gamme intermédiaire ont été étudiés, et tous prévoient une forme de remboursement pour l'automédication et les traitements alternatifs. Ces contrats ont été chiffrés pour une personne de 65 ans, retraitée du régime général de l'assurance maladie, vivant à Paris ou à Châteauroux.Des montants de remboursement qui diffèrent
Le remboursement annuel pour l'automédication, souvent appelé « pharmacie non remboursée » ou « médicaments non prescrits », varie entre 20 € et 50 € selon l'assureur. Par exemple, GMF et MAAF proposent le montant le plus bas, à 20 €, tandis que Miltis, MMA et Crédit Mutuel accordent jusqu'à 50 €. Crédit Mutuel propose également 60 € supplémentaires pour la prévention et le bien-être, mais cette option nécessite une cotisation supplémentaire de 14 € par mois.Des couvertures qui varient selon les contrats
La liste des produits couverts par chaque contrat diffère sensiblement. La plupart des contrats couvrent tous les médicaments autorisés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), mais certains comportent des restrictions. Ainsi, GMF ne prend en charge que les médicaments contre le rhume, les maux de gorge, la douleur, les maux de tête ou les troubles digestifs. Alptis ne couvre que l'homéopathie, les huiles essentielles, la phytothérapie et la gemmothérapie.Les conditions de remboursement
Seuls les produits achetés en pharmacie physique ou en ligne sont éligibles au remboursement. Des articles comme une brosse à dents ou une crème solaire ne seront pas remboursés s'ils sont achetés en supermarché. En outre, une facture nominative acquittée est exigée pour le remboursement ; un simple ticket de caisse ne suffit pas toujours à identifier l'assuré et les produits concernés.Des pratiques de soins non conventionnelles prises en charge
Les neuf contrats étudiés couvrent également certaines pratiques de soins non conventionnels, comme l'ostéopathie, l'acupuncture et la chiropraxie. Ces formules utilisent souvent des appellations différentes pour désigner ces services, notamment « médecines douces » ou « bien-être ». Cédric Ménager, de Lesfurets.com, souligne que ces formules permettent aux complémentaires santé de se démarquer dans un marché où le dispositif « 100 % santé » a standardisé certaines offres, notamment en optique et en dentaire.Des disciplines couvertes très variables
L'éventail des disciplines prises en charge varie fortement d'un contrat à l'autre. Certains ne couvrent que quelques pratiques, tandis que d'autres proposent de longues listes. Aésio en retient 18, et Miltis 19. Des pratiques comme la naturopathie, le shiatsu, la réflexologie, la sophrologie ou l'hypnose sont souvent couvertes en plus de l'ostéopathie et de l'acupuncture. Huit des neuf contrats étudiés incluent également les consultations de psychologue dans leurs garanties.Plafonds et conditions de remboursement
Les montants alloués à ces soins vont de 50 à 105 €, mais ces plafonds ne reflètent pas à eux seuls le niveau de générosité d'un contrat. Par exemple, la formule de la MAAF ne permet que deux séances remboursées jusqu'à 25 € chacune, tandis que la Macif prend en charge trois séances, dans la limite de 35 € chacune. Aurélie Delachaume, de Swiss Life, insiste sur l'importance de examiner le montant par séance, le nombre de séances couvertes, les disciplines prises en charge et le fonctionnement de la formule.Les qualifications du praticien comptent
Norbert Bontemps, de Groupama, rappelle que les complémentaires santé ne remboursent que les disciplines explicitement mentionnées dans le contrat. De plus, le praticien doit remplir certaines conditions, comme détenir un diplôme reconnu dans sa spécialité ou disposer d'un numéro RPPS. Il est important de vérifier ces conditions ainsi que les documents exigés avant de prendre rendez-vous.