Les jeunes femmes accordent souvent de l’importance à l’âge et au genre de leurs professionnels de santé, en particulier lors de procédures nécessitant de se dévêtir, selon des études récentes. Beaucoup préfèrent consulter des médecins femmes, parfois par instinct ou par malaise à l’idée de se retrouver seule avec un praticien masculin. Une recherche menée par Karine Lamiraud, professeure d’économie et titulaire de la Chaire d’Innovation et Santé à l’ESSEC Business School, révèle que les femmes sont plus susceptibles de choisir une médecin femme, avec une préférence supérieure de 7,5 points de pourcentage à celle des hommes. Pour de nombreuses jeunes femmes, la relation médecin-patient est essentielle, et cette préférence pour les médecins femmes s’explique souvent par le désir de se sentir comprises et soutenues. Certaines femmes, comme Camille, admettent prendre leurs décisions en tenant compte de préjugés liés à l’âge et au sexe, optant pour des médecins plus jeunes qu’elles estiment plus sensibles au consentement. Aurore souligne l’importance du consentement dans les actes médicaux, notamment chez les gynécologues, évoquant des expériences passées de violences gynécologiques. Elle précise que ces violences ne concernent pas uniquement les médecins hommes, puisqu’elle en a également été victime avec des praticiennes. La recherche de solidarité ou d’un sentiment de « sororité » avec les professionnels de santé peut parfois mener à des déceptions, selon Caroline De Pauw, sociologue et chercheuse au CLERSE (Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques). Camille, par exemple, a dû récemment consulter un médecin homme par nécessité médicale urgente et a trouvé l’expérience satisfaisante. Pourtant, elle continue de privilégier les médecins femmes pour les actes intimes, craignant un malaise en présence d’un praticien masculin. Aurore partage des craintes similaires, se sentant plus en sécurité avec des médecins femmes en raison d’un passé de violences sexuelles. La compréhension et l’empathie entre femmes constituent également des facteurs importants. Camille estime que les médecins femmes saisissent mieux ce que signifie être une femme. Aurore met l’accent sur l’éducation et la sensibilité des praticiens face aux expériences féminines, davantage que sur leur genre. Sophie, qui a cherché un psychologue à Lyon, avait besoin de quelqu’un conscient des défis auxquels font face les femmes et soutenant la communauté LGBTQ+ pour se sentir en confiance et partager ses pensées. Des listes de « professionnels de santé féministes » circulent en ligne, ce qui peut aider les patientes mais risque aussi d’entraîner un épuisement professionnel, selon De Pauw. Elle plaide pour une amélioration des compétences et de l’empathie de tous les professionnels de santé. Le choix d’un médecin ne concerne pas uniquement les femmes, car la relation humaine reste un élément clé pour tous les patients. Cependant, l’accès aux soins peut être limité, notamment dans les déserts médicaux. Marie souligne que dans certaines régions, les patients n’ont pas le luxe de choisir, faute de spécialistes disponibles. Trouver le bon gynécologue peut devenir une obsession, admet Aurore, dont la crainte de perdre son médecin préféré génère un stress important.