Les Français ont donné 44,4 millions d'euros pour reconstruire Mayotte après le cyclone Chido, avec des fonds prioritairement destinés aux besoins immédiats et aux partenariats locaux.
Le cyclone Chido déclenche une vaste collecte de dons
Après le passage du cyclone Chido en décembre 2024, la Fondation de France a lancé une campagne de collecte qui a permis de recueillir 44,4 millions d'euros auprès des Français afin de contribuer à la reconstruction de Mayotte. La directrice de la fondation a souligné qu'il s'agissait de la plus importante collecte jamais réalisée par l'organisation en réponse à une urgence, un signe de la forte solidarité nationale manifestée après la catastrophe. La plupart des dons provenaient de la France métropolitaine, des entreprises, des particuliers, mais aussi des enfants qui ont récolté de l'argent en vendant des pâtisseries dans leur école.Des fonds prioritairement consacrés aux besoins immédiats
La majorité des dons a été collectée au cours des huit premières semaines suivant le passage du cyclone. L'argent a ensuite été distribué selon un ordre de priorité, en commençant par les besoins les plus urgents. Dans les deux à trois semaines qui ont suivi Chido, l'accent a été mis sur les situations d'extrême urgence, notamment l'approvisionnement des populations sinistrées en eau, en nourriture et en produits de première nécessité. Aucune condition n'était exigée pour bénéficier de cette aide. La fondation a principalement soutenu des associations mahoraises locales afin de garantir que les ressources parviennent à ceux qui en ont réellement besoin et d'éviter les détournements.Les clubs sportifs contribuent à préserver la cohésion sociale
Depuis le cyclone, 350 associations mahoraises participent à la reconstruction de l'île. La fondation privilégie les associations ayant une capacité de collecte de fonds limitée, tandis que les structures plus importantes peuvent solliciter des financements publics. Des inquiétudes sanitaires sont également apparues, notamment la crainte d'épidémies liées à l'accumulation de déchets. Les clubs sportifs ont joué un rôle clé dans le maintien de la cohésion sociale en organisant la distribution de nourriture et des activités pour les jeunes, ce qui a permis de soulager les parents et de soutenir la stabilité de la communauté.La restauration de la nature devient une priorité
À son arrivée à Mayotte, Karine Meaux, représentante de la fondation, a indiqué que de nombreuses demandes concernaient la nature. Les Mahorais accordent une grande importance à la restauration des espaces naturels, notamment les rivières, les forêts et les mangroves. La fondation a toutefois dû refuser certaines demandes, les experts recommandant de laisser la nature se régénérer seule pendant un an après une catastrophe majeure. Des associations environnementales ont travaillé avec la fondation pour mener des opérations de nettoyage encadrées, qui ont permis de préserver la capacité de régénération naturelle de l'île.Relancer l'agriculture locale pour la sécurité alimentaire
En février 2025, la fondation a répondu à une grave pénurie alimentaire en collaborant avec des organisations agricoles et des coopératives locales. L'objectif était de relancer la production agricole locale afin de réduire la dépendance aux importations alimentaires. La fondation a financé le nettoyage des terres agricoles et fourni de petits équipements aux agriculteurs. Dans une phase ultérieure, elle a également soutenu l'achat de semences et de plants afin de reconstruire le secteur agricole. Le plus gros effort de financement de la fondation a porté sur la reconstruction des logements détruits par le cyclone, un sujet qui exigeait une planification minutieuse et qui fera l'objet d'un prochain article.