Des pots de chrysanthèmes exposés dans les supermarchés français sont marqués de deux dates : 1789 et 1919. La première correspond à l’arrivée du chrysanthème en France par le port de Marseille, tandis que la seconde renvoie à la fin de la Première Guerre mondiale, qui a profondément influencé le rôle de cette fleur dans la culture française. Introduit en France en 1789 par le capitaine de marine marseillais Pierre Blancard – certains textes le nomment Pierre Blanquart –, le chrysanthème fut rapporté de Chine en trois variétés : une blanche, une violette et une pourpre. La fleur s’est progressivement imposée dans les jardins français au cours du XIXe siècle comme plante ornementale. Entre 1862 et 1863, Robert Fortune y importa des variétés japonaises à grandes fleurs, dont descendent les pompons que l’on trouve aujourd’hui dans les pots.
La transformation du chrysanthème en fleur de deuil s’est opérée après la Première Guerre mondiale. Dès le milieu du XIXe siècle, des chrysanthèmes ornaient les tombes, remplaçant discrètement les flammes des cierges. Cette pratique, discrète à l’origine, s’est répandue en France et en Belgique après l’armistice de 1918. Le 1er novembre 1919, le président Raymond Poincaré déposa une couronne de chrysanthèmes au cimetière du Père-Lachaise. Son épouse portait quant à elle un bouquet de roses. Les récits divergent sur la suite des événements. Plusieurs sources attribuent à Poincaré un appel, le 11 novembre 1919, à fleurir les tombes ou les monuments aux morts, tandis que l’encyclopédie Wikipédia évoque, au conditionnel, un appel de Georges Clemenceau pour le premier anniversaire de l’armistice. Faute de consulter les archives, il est préférable de s’en tenir à la couronne déposée au Père-Lachaise, dont l’origine est datée.
Le choix du chrysanthème s’explique aussi par son calendrier. Cette fleur automnale fleurit tard dans l’année et résiste à des gelées modérées. Avec le temps, son utilisation sur les tombes a progressivement glissé du 11 novembre, jour de l’Armistice, au 2 novembre, jour des Morts. En Asie, le chrysanthème symbolise la longévité et l’immortalité. En Chine et au Japon, il n’est pas une fleur de deuil, mais un emblème impérial. En France, la même fleur posée sur une tombe évoque le deuil, un sens qui ne remonte qu’à environ un siècle. Offrir un pot de chrysanthèmes à un invité en Asie reviendrait à lui souhaiter une longue vie, tandis qu’en France, la même fleur déposée sur une tombe transmet un message tout autre.
En 2023, près de quatre millions de foyers français ont acheté des plantes pour la Toussaint, le chrysanthème représentant 60 % des achats réalisés à cette occasion. Les vacances scolaires en France débutant le 17 octobre et la Toussaint tombant le 1er novembre, les étals se garnissent dès les premiers jours d’octobre. En 2010, environ 21,3 millions de pots avaient été achetés en France à la charnière d’octobre et de novembre, soit environ un pot pour trois habitants. Un pot fleuri début novembre est préparé bien en amont, les horticulteurs commençant à préparer les plants dès le printemps et les soignant pendant plusieurs mois.
Chrysanthème : de plante ornementale à symbole de deuil en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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