Le documentaire En équilibre, réalisé par Thomas Gargne, retrace un périple cycliste de 4 200 km à travers les Alpes, en compagnie de son ami de toujours, Guillaume Johanny, également passionné de trail. Le film interroge l’empreinte environnementale du trail, une discipline qui consiste à courir sur des terrains naturels, souvent isolés. Gargne, jeune diplômé de 25 ans d’une école d’ingénieurs en écologie, a undertaken ce voyage avec Johanny, traversant la Suisse, l’Autriche, l’Italie, la Slovénie et revenant en France du 13 septembre au 1er novembre. Le parcours a impliqué l’ascension de 70 000 mètres de dénivelé sur 50 jours. Le documentaire a été projeté pour la première fois le 24 octobre au cinéma Le Cristal, à Aurillac. Gargne et Johanny ont souhaité allier leur amour du sport à une réflexion environnementale. Ils ont interviewé quinze acteurs du monde du trail, dont des chercheurs, des organisateurs d’événements et des coureurs. Ces entretiens, intégrés au film, mettent en lumière l’impact écologique du trail, que Gargne critique pour son approche anthropocentrique : la recherche de la performance personnelle y primerait sur le respect de la faune et de la flore. Il s’interroge sur les raisons qui poussent les participants à poursuivre cette activité malgré ses effets néfastes sur l’environnement, évoquant une forme de déconnexion avec la nature. Le documentaire aborde également des événements internationaux majeurs de trail, comme l’UTMB (Ultra-Trail du Mont-Blanc), que Gargne accuse d’avoir accru l’empreinte écologique des trails dans les Alpes juliennes en Slovénie, en attirant davantage de participants internationaux, dont beaucoup voyagent en avion. Cependant, l’organisation de l’UTMB a minimisé son impact environnemental dans sa réponse. Gargne précise que son film ne cherche pas à accuser, mais à susciter le débat et la réflexion, sans chercher à convertir les spectateurs. Il reconnaît les retombées économiques et touristiques de tels événements, soulignant que les enjeux environnementaux sont complexes et ne sauraient avoir de réponse unique. Gargne s’interroge aussi sur sa propre place dans la pratique de l’écologie : il reconnaît que sa capacité à pédaler ou à faire ses courses dans un biocoop – un magasin proposant des produits bio et locaux – tient à son implantation en centre-ville. Malgré cela, il estime que se déplacer à vélo ou à pied offre une expérience plus riche, permettant une immersion plus profonde dans les paysages et les rencontres. Le documentaire vise à inciter le public à réfléchir de manière critique sur l’équilibre entre ses passions personnelles et sa responsabilité environnementale.