Un élu municipal poursuit un journal en justice pour un article

Foulques Lattaignant de Ledinghen, directeur adjoint des services municipaux de la commune du Tarn, a déposé une plainte contre le journal Mediacités, exigeant qu'il retire les informations le concernant d'un article publié le 13 juillet. Cet article enquêtait sur les pratiques de recrutement à la mairie de Castres, dirigée par le maire Florian Azéma, du Rassemblement national (RN).

L'article met en lumière des recrutements controversés

Intitulé « À Castres, la nouvelle mairie RN recrute sur les bancs des églises les plus rigoureuses », l'article portait sur deux nouvelles embauches à la sous-préfecture du Tarn. L'une d'elles, Xavier Fruleux, avait auparavant travaillé avec Jacques Bompard, un élu d'extrême droite condamné pour prise illégale d'intérêts, et était liée à une structure financée par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Fruleux avait également des liens avec une abbaye affiliée à la Fraternité Saint-Pie X, une organisation catholique traditionaliste.

La démarche juridique de Lattaignant de Ledinghen

Lattaignant de Ledinghen ne conteste pas l'exactitude factuelle de l'article, mais soutient qu'il a « publiquement exposé des informations relevant de [sa] vie privée », provoquant un « trouble manifestement illicite ». Il demande le retrait des informations le concernant dans l'article, ainsi que 2 000 euros au total, au titre du préjudice moral et des frais de justice.

L'action en justice vise d'autres entités

Outre Mediacités, Lattaignant de Ledinghen a également assigné Mediapart et l'Observatoire national de l'extrême droite pour avoir republié ou relayé l'article. L'audience concernant ces trois entités est prévue le vendredi 6 novembre.

Mediacités face à de fréquentes procédures judiciaires

Depuis sa création en 2016, Mediacités a été impliqué dans plus de vingt procédures, principalement pour « diffamation ». Toutes sauf une ont été tranchées en faveur du journal, et nombre d'entre elles sont décrites comme des « procès-bâillons », destinés à intimider la publication plutôt qu'à obtenir réparation.

Le Rassemblement national mis en cause pour ses attaques contre la presse

C'est la première fois qu'une personne liée au Rassemblement national poursuit Mediacités de cette manière. Cette action en justice s'ajoute à une série d'incidents impliquant le parti et la presse. Récemment, des journalistes de Mediapart et de Politis ont été harcelés par le service de sécurité du Rassemblement national lors d'un congrès à Orléans.

Une liberté de la presse menacée

Les attaques répétées contre la presse de la part du Rassemblement national suscitent des inquiétudes quant à l'avenir de la liberté de la presse en France. Les médias et les citoyens attachés à cette liberté sont invités à résister à ces pratiques, car la liberté de la presse est une pierre angulaire de la démocratie.