Les supernovae ressemblent à des étoiles ordinaires

Vues depuis la Terre, les supernovae peuvent ressembler à des étoiles ordinaires. Il s'agit pourtant de l'explosion extrêmement puissante d'une étoile en fin de vie.

La lumière d'une supernova dure des semaines, voire des mois

En général, la lumière émise lors de l'explosion reste visible pendant quelques semaines, voire quelques mois pour les plus massives, et il faut être rapide pour recueillir un maximum de données avant que l'événement ne devienne invisible.

Une nouvelle étude détecte une supernova précoce

Dans une étude non encore évaluée par les pairs, publiée le 29 septembre sur le serveur arXiv et relayée par le site Phys.org, une équipe dirigée par l'astronome Ming-Yang Zhuang, de l'Université de l'Illinois à Urbana-Champaign, signale une probable supernova détectée seulement quatre à dix jours après l'explosion.

Un signal extrêmement lointain

Le signal est baptisé AT 2026abck et se trouve à une distance extrême dans l'univers, avec un décalage vers le rouge (le décalage de sa lumière vers le rouge, qui indique sa distance) de 5,017. Cela signifie que, lorsque la lumière a été émise, l'univers était âgé d'un peu plus d'un milliard d'années.

Le télescope James Webb détecte un événement rare

Le télescope James Webb survole à plusieurs reprises la même zone, et ce type de découverte aussi loin dans le temps est assez rare. Seules 200 supernovae ont été découvertes à des distances correspondant à un décalage vers le rouge de 4.

Pas de lentille gravitationnelle en jeu

Les phénomènes de lentille gravitationnelle, qui ont un effet grossissant, sont particulièrement utiles pour détecter ces sources très lumineuses mais aussi extrêmement lointaines, donc difficiles à repérer. Dans ce cas, aucune lentille gravitationnelle n'a amplifié le signal.

Les capacités de JWST facilitent la détection

Tout repose sur les capacités du télescope spatial James Webb, capable de « voir » très loin dans l'infrarouge et de détecter des sources lumineuses, même faibles. Le programme d'observation NEXUS utilise JWST pour revisiter la même zone du ciel tous les deux mois et détecter des signaux transitoires, comme les supernovae.

Signal détecté après 71 jours

Le télescope a ainsi détecté une lumière absente lors de son passage précédent, le 28 mai 2026, soit 71 jours plus tôt. Une fois le signal sous leurs yeux, les scientifiques ont cherché à le caractériser et, à partir de son diamètre, 92 fois supérieur à la distance entre la Terre et le Soleil, et de sa température d'environ 17 000 kelvins (près de 16 700 °C), ils ont conclu que l'explosion ne remontait qu'à quatre à dix jours.

Incertitude sur le type de supernova

Mais s'agit-il vraiment d'une supernova ? Sur ce point, les auteurs de l'étude reconnaissent une légère incertitude, car la lumière semble correspondre à une supernova de type II, donc à la fin de vie d'une étoile extrêmement massive, mais elle est de plusieurs milliers de degrés trop chaude pour que le modèle fonctionne parfaitement.

De nouvelles observations sont nécessaires

De nouvelles observations du JWST devront aider à déterminer la nature exacte du phénomène. Quoi qu'il en soit, les supernovae à de telles distances renseignent sur la nature de cet univers lointain.

L'univers lointain avait des conditions différentes

À cette époque, les galaxies étaient plus jeunes que celles que l'on peut observer autour de la Voie lactée. Les étoiles avaient aussi une composition différente, avec beaucoup moins d'éléments plus lourds que l'hélium (ceux que les astronomes appellent tous des « métaux »). Leur taux de formation était également particulièrement intense.

Observer les étoiles et les galaxies lointaines

Tout cela indique un environnement très exotique par rapport à ce que nous connaissons plus près de nous. Mais à une telle distance, les données manquent. Une supernova très brillante offre donc l'occasion d'observer directement ces étoiles et leurs galaxies.