Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez dissout le Parlement sur fond de crise du logement et convoque des élections anticipées pour le 29 novembre.
Sánchez dissout le Parlement et convoque des élections anticipées
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé le 5 octobre qu'il dissoudrait la législature en cours et convoquerait des élections générales pour le 29 novembre, une décision intervenant près de cinq ans après son arrivée au pouvoir.Des projets de loi sur le logement rejetés par le Congrès
Cette décision fait suite au rejet de deux projets de loi liés au logement par le Congrès des députés. Ces textes visaient à s'attaquer à la grave crise du logement que connaît l'Espagne, aggravée par le manque de logements disponibles, en particulier de logements sociaux, qui ne représentent que 1,5 à 1,7 % du parc total, très en deçà de la moyenne de l'Union européenne, qui se situe entre 6 et 7 %.Le cas symbolique de Maricarmen Abascal
La crise du logement a été mise en lumière par le cas de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans menacée d'expulsion à Madrid. Sa situation est devenue le symbole de ce problème plus large, et des manifestations publiques dans des villes comme Madrid et Barcelone ont attiré l'attention sur la crise.Critiques des mesures de logement proposées
Les mesures proposées par le gouvernement, notamment l'encadrement des loyers et une protection temporaire contre les expulsions, ont été critiquées pour ne pas répondre suffisamment à la pénurie de logements disponibles. Le gouvernement du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), dirigé par Sánchez, dépend du soutien du parti Sumar et de formations régionales comme Junts, qui se sont opposés aux textes par crainte qu'ils ne réduisent l'offre locative.Réactions contrastées à la dissolution
Le Parti populaire (PP), dirigé par Alberto Núñez Feijóo, réclame depuis longtemps des élections anticipées, mais accuse Sánchez d'utiliser la crise du logement comme prétexte politique. Malgré cela, le gouvernement socialiste met en avant ses résultats économiques, dont une hausse significative du salaire minimum et une baisse du taux de chômage.Un calendrier électoral stratégique
La décision de Sánchez de fixer les élections au 29 novembre pourrait être une manœuvre stratégique destinée à éviter une éventuelle vague conservatrice en Europe. En convoquant les électeurs dès maintenant, il entend faire de la crise du logement un enjeu central de la campagne et s'en servir comme argument électoral.