La crise du logement s'aggrave en Espagne

L'Espagne traverse une grave crise du logement, avec une hausse des loyers et un nombre record de logements vacants, alors que le pays fait partie des États de l'OCDE où la proportion de logements inoccupés est la plus élevée. L'Institut national de la statistique indique que 14,4 % du parc immobilier du pays était inoccupé en 2023, et que bon nombre de ces logements se trouvent en zone rurale.

Des logements vacants concentrés dans les zones rurales et urbaines

Dans les petites communes de moins de 10 000 habitants, on recense près de la moitié de l'ensemble des logements vacants. Même les grandes villes comme Barcelone et Madrid comptent un nombre important de biens inoccupés, respectivement 75 000 et 97 000, ce qui montre que le problème touche aussi bien les régions urbaines que rurales.

Les politiques immobilières passées contribuent à la crise

Le paradoxe actuel du logement s'explique en partie par des politiques passées, comme la surproduction de logements dans les années 2000 et le contrôle des prix immobiliers pendant la dictature franquiste. Entre 2000 et 2010, l'Espagne a construit environ 5 millions de logements neufs, financés par des prêts hypothécaires à taux variable. Cela a conduit à une bulle immobilière qui a éclaté en 2008, provoquant une chute brutale des prix de l'immobilier et un excédent de logements.

L'Espagne compte plus de logements que d'habitants

Selon l'OCDE, l'Espagne se classe troisième en Europe pour le nombre de logements par habitant, avec environ 551 logements pour 1 000 personnes en 2020. Certaines zones rurales ont tenté de réaffecter les logements vacants, à l'image du village d'Arenillas, qui offre des logements gratuits et des emplois aux nouveaux arrivants. Les défis restent toutefois entiers dans les régions plus densément peuplées.

Efforts législatifs et conséquences politiques

À l'international, des villes comme Vancouver, Paris et Marseille ont instauré des taxes pour encourager l'utilisation des logements vacants. En Espagne, en revanche, les récentes propositions législatives visant à aider les locataires ont été rejetées par le Parlement, ce qui a conduit le Premier ministre Pedro Sanchez à convoquer des élections législatives anticipées pour le 29 novembre, afin d'obtenir un nouveau mandat.