Un lycéen de 15 ans perd sa main à cause d'une grenade lacrymogène policière lors d'une manifestation, mais nie l'avoir ramassée. L'enquête se poursuit.
La main d’Evan sectionnée par une grenade
Un lycéen de 15 ans, Evan, a eu la main gauche sectionnée par une grenade lacryogène lors d’une manifestation en marge d’un mouvement étudiant à Lens, dans le Pas-de-Calais, ce lundi.Evan dément toute implication dans les violences
L’avocate d’Evan, Christine Bouquet-Wattez, a indiqué ce samedi que son client dément avoir ramassé la grenade à l’origine de la perte de sa main et rejette toute implication dans les violences.Le parquet assure que la grenade a été tirée dans les règles
Vendredi, le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, a affirmé que le tir de la grenade par les forces de l’ordre avait été réalisé « dans le respect de la procédure réglementaire », selon les premiers éléments de l’enquête menée par l’IGPN.Les témoignages évoquent un ramassage de la grenade
Le magistrat a précisé que « tous les témoignages, à l’exception d’un seul, convergent pour dire que la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres), qu’elle a atterri au sol avant qu’un des manifestants ne la ramasse jusqu’à son explosion », tout en soulignant « qu’aucune vidéo disponible ne permet aux enquêteurs de visualiser l’explosion de la grenade ».L’avocate conteste la version officielle
Christine Bouquet-Wattez a déclaré qu’Evan « conteste formellement la version des faits retenue par le parquet », rappelant que le jeune homme n’a pas encore été entendu par la police, qu’aucune image directe de l’incident n’est disponible et que les témoignages recueillis présentent des divergences.L’avocate rappelle le statut de victime d’Evan
L’avocate a insisté sur « l’évidence à rappeler », affirmant que le lycéen, dont la main gauche a été sectionnée par l’explosion d’une grenade lacryogène, « est la victime », et qu’« aucune opération de maintien de l’ordre ne saurait justifier qu’un adolescent perde une main ».L’enquête se poursuit et une plainte déposée
La mère du jeune homme a été entendue jeudi et a déposé plainte « pour les blessures subies par son fils », selon le procureur de Béthune. L’enquête, qui cherche à déterminer si l’élève a ramassé la grenade ou si celle-ci l’a atteint, « se poursuit ».Réactions publiques et réponse politique
Cette affaire, parmi d’autres cas de blessures graves infligées à des lycéens lors d’interventions des forces de l’ordre, a suscité une vive émotion et des critiques à gauche sur les méthodes de maintien de l’ordre depuis le début du mouvement de protestation étudiant mi-septembre. En réponse, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a ordonné mercredi la suspension du recours aux grenades lacryogènes contre la mobilisation étudiante jusqu’à ce que les circonstances de l’incident de Lens soient éclaircies.