Une étude publiée le 30 juillet dans la Revue d’économie publique par les économistes Patrick Bigler, de l’Université de Lausanne, et Benedikt Janzen, de l’Université de Passau, révèle que l’installation de panneaux solaires par un foyer peut influencer les comportements de ses voisins. Les chercheurs ont analysé les données de 260 000 ménages du canton de Berne, en Suisse, entre 2008 et 2019. Ils ont croisé les factures d’électricité, les registres d’installation solaire, les immatriculations de véhicules et les données fiscales. Pour chaque foyer et chaque année, ils ont calculé la distance séparant les habitations des installations photovoltaïques voisines, en accordant plus de poids aux plus proches. L’étude montre que chaque installation solaire supplémentaire à 100 mètres réduit la consommation annuelle d’électricité d’un foyer de 0,21 %, soit environ 11 kWh par an. À 10 mètres, la réduction atteint 2,1 %. Cet effet diminue avec la distance, tombant à 0,04 % à 500 mètres. Une installation située à 100 mètres augmente de 2 % la probabilité qu’un foyer s’équipe de panneaux solaires et de 2,3 % celle d’acheter une voiture électrique. À 10 mètres, ces hausses grimpent respectivement à 20 % et 23 %. Les chercheurs attribuent cet effet aux normes sociales : voir des panneaux solaires sur les toits des voisins donne l’impression que le quartier s’engage pour le climat et incite à suivre cette tendance. La baisse de consommation ne provient pas d’abord des foyers qui installent eux-mêmes des panneaux. Les ménages dont les toits sont mal exposés réagissent surtout en consommant moins, car ils ne peuvent pas facilement s’équiper. L’effet varie selon les profils. Il est plus marqué à la campagne qu’en ville, où l’anonymat affaiblit l’influence des voisins. Concernant l’achat de panneaux, il concerne surtout les propriétaires de maisons individuelles. Les locataires, qui n’ont pas la maîtrise de leur toit, en ressentent beaucoup moins les effets. La baisse de consommation est aussi bien plus forte parmi les ménages dont les revenus dépassent la médiane. En France, les conditions pour l’adoption de panneaux solaires deviennent de plus en plus favorables. Selon les données compilées par Hello Watt à partir d’Enedis, 6 % des maisons individuelles en étaient équipées à la fin juin 2026, contre 3,26 % trois ans plus tôt. Cependant, le rythme des nouvelles installations ralentit. Toujours selon ces chiffres, 185 030 installations solaires ont été raccordées en 2025, soit 26 % de moins qu’en 2024, et 62 759 au premier semestre 2026. Ces chiffres couvrent l’ensemble des installations raccordées, et non uniquement celles installées sur les toits des logements privés. Pour toute demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026, la prime à l’autoconsommation a disparu, et le surplus injecté dans le réseau n’est plus racheté qu’à 1,1 centime d’euro par kWh, contre plus de 10 centimes il y a quelques mois. Un voisin raccordé avant cette date conserve le tarif obtenu à ce moment-là. Pour un nouveau projet, la rentabilité dépend surtout de la part de production consommée sur place et de l’installation d’une batterie de stockage, aussi appelée batterie solaire.