Les attaques par rançongiciel frappent les exploitations agricoles françaises

En 2025, 265 exploitations agricoles en France ont été victimes d'attaques par rançongiciel, selon des statistiques révélées le 6 octobre lors d'une conférence au Salon de l'élevage, organisée par la Chambre régionale d'agriculture. Ces attaques ont entraîné le chiffrement complet des données, qui sont devenues inaccessibles, les pirates exigeant ensuite une rançon pour les déverrouiller.

L'agriculture fait face à une hausse des cybermenaces

Le secteur agricole, souvent perçu comme moins vulnérable aux cybermenaces, connaît aujourd'hui une forte hausse des incidents informatiques. Selon ces statistiques, 39 % des petites et moyennes entreprises ont subi un incident de cybersécurité l'an dernier.

Les cyberattaques contre les exploitations sont courantes

Malgré l'idée répandue selon laquelle les données agricoles ne intéressent pas les pirates, une récente expérience menée par Recym, un réseau d'experts en cybersécurité, prouve le contraire. Les experts ont mis en place un piège informatique, appelé « pot de miel », en lançant un faux site internet pour une exploitation agricole, dépourvu de toute mesure de sécurité. En 21 jours, le site a reçu 700 000 tentatives d'attaque, ce qui met en évidence la vulnérabilité de ce type d'exploitations.

Le hameçonnage et les attaques dopées à l'IA se multiplient

Le hameçonnage reste l'un des vecteurs d'attaque les plus courants : les cybercriminels utilisent des SMS, des courriels et de faux appels téléphoniques pour inciter les victimes à communiquer leurs informations personnelles et bancaires. Le recours à l'intelligence artificielle a encore amplifié ces menaces, permettant d'automatiser et de professionnaliser les cyberattaques.

Des attaquants organisés et à l'échelle mondiale

Sébastien Pochon, membre de la cellule Recym Aura, souligne que les auteurs de ces attaques ne sont plus des pirates isolés, mais souvent des structures organisées opérant à l'échelle internationale.

Les experts recommandent des mesures de sécurité de base

Pour limiter ces risques, les experts recommandent plusieurs mesures. Il est d'abord essentiel d'utiliser un mot de passe différent pour chaque service, suffisamment long, et d'éviter d'y faire figurer le nom de l'entreprise ou une date de naissance. Les gestionnaires de mots de passe et l'authentification à deux facteurs sont recommandés pour renforcer la sécurité.

Les sauvegardes et les mises à jour sont indispensables

Des sauvegardes régulières des données, sur des serveurs en nuage comme sur des disques externes, sont essentielles, de même que l'installation des mises à jour logicielles qui permettent de combler les failles de sécurité. Il est également important de séparer les appareils à usage personnel et professionnel, de se méfier des clés USB et des logiciels inconnus, et de veiller à ne jamais laisser ses appareils déverrouillés.

Les logiciels piratés augmentent les risques

L'utilisation de logiciels piratés, comme le souligne Mickaël Villain, chef de projet cybersécurité au Campus numérique régional, peut représenter un risque important. La situation en Ukraine l'illustre : des logiciels piratés y ont été exploités par les forces russes.

Les équipements agricoles connectés sont vulnérables

Les dispositifs connectés, comme les colliers, les robots de traite, les pousse-fourrages, les caméras de surveillance ou les systèmes GPS, peuvent eux aussi présenter des failles, car ils émettent souvent des données vers l'extérieur, ce qui élargit la surface d'attaque. Il a été constaté que certains fabricants transmettaient des données à des pays étrangers à l'insu des utilisateurs, ce qui souligne la nécessité de n'accorder un accès temporaire lors des opérations de maintenance, puis de le fermer ensuite.

Restez vigilant face aux demandes suspectes

Les experts insistent sur l'importance d'être « paranoïaque » face à toute communication exigeant une action urgente, comme une suspension de compte, un rejet de paiement ou une modification des coordonnées bancaires. Il est également recommandé d'éviter les liens suspects et de mettre à jour les droits d'accès des stagiaires et des saisonniers.

La plupart des risques peuvent être réduits avec de la rigueur

Grâce à ces mesures d'« hygiène numérique », 80 % des risques peuvent être atténués. Les 20 % restants nécessitent un plan de survie en cas d'attaque.