Les musées d’Orsay et de l’Orangerie à Paris accueillent actuellement une série d’expositions consacrées à la vie et à l’œuvre du peintre français **Claude Monet** (1840–1926). Ces manifestations visent à explorer le processus créatif de Monet ainsi que son influence durable sur l’art moderne. Au musée de l’Orangerie, l’exposition intitulée Monet. Peindre le temps présente une quarantaine des œuvres les plus célèbres de l’artiste, allant de ses premières toiles impressionnistes à sa série plus abstraite des Nymphéas, réalisée plus tard dans sa carrière. Cette exposition constitue l’événement phare d’une célébration du centenaire de sa vie et de son œuvre, mettant en lumière sa quête pour saisir l’éphémère du temps à travers la lumière, les saisons et les éléments naturels. Les commissaires Annick Lemoine et Claire Bernardi soulignent que l’exposition illustre la volonté de Monet de représenter l’"impossible" à retenir : des instants qui s’échappent avec le passage des saisons et l’écoulement des minutes. L’exposition rassemble plusieurs séries emblématiques de Monet, comme les Peupliers, la Cathédrale de Rouen ou les Meules, qui représentent un même motif à différentes heures et saisons. Un point fort en est la présentation circulaire de six toiles représentant des meules de foin, issues de collections variées, disposées en forme d’horloge pour symboliser le cycle du temps et des saisons. À Giverny, où Monet a vécu, son étang est devenu un atelier en plein air où il a peint la série des Nymphéas. Ces œuvres capturent la lumière et la végétation changeantes au fil du temps. Dans ses dernières années, la vision de Monet, affectée par des cataractes, a conduit à un style plus flou et à une impression d’allongement vers l’infini dans ses tableaux. Au musée d’Orsay, une exposition exclusive dédiée à Monet offre de nouvelles perspectives sur ses techniques picturales. Elle inclut la restauration et l’analyse de cinq de ses œuvres récemment restaurées par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF). Grâce à des méthodes comme la radiographie et la réflectographie infrarouge, les chercheurs ont révélé les modifications apportées par Monet à ses tableaux. Par exemple, des figures ont été supprimées dans Le Déjeuner (vers 1873) et Femmes au jardin (vers 1866), tandis qu’une bande de toile a été ajoutée à La Cathédrale de Rouen, Façade (1892) pour ajuster la composition. Dans La Pie (1868–1869), célèbre pour son oiseau noir et blanc, il s’avère que l’animal a été ajouté en dernier lieu, remplaçant une maison à l’horizon. La conservatrice Anne Robbins indique que ces découvertes remettent en question l’image d’un Monet peintre entièrement spontané, révélant un processus plus réfléchi et méthodique. Le musée de l’Orangerie propose également une expérience en réalité virtuelle explorant le rapport de Monet à l’eau, ainsi que des archives familiales issues de la collection de Philippe Piguet, arrière-petit-fils d’Alice Hoschedé, seconde épouse de Monet. Le musée présente aussi un triptyque en hommage à Monet par Zao Wou-Ki et une œuvre contemporaine de l’artiste américaine Vija Celmins. Les expositions sont ouvertes du 30 septembre 2026 au 25 janvier 2027, avec des dates spécifiques pour certaines sections. Un ouvrage intitulé Lire Monet, une vie en peinture a également été publié, rassemblant l’intégralité des collections des musées d’Orsay et de l’Orangerie consacrées à Monet.