Le conseil municipal du Cap a annoncé qu’il allait bientôt déplacer deux troupes de babouins chacmas, dont les conflits avec les habitants se sont multipliés. Les animaux seront stérilisés et transférés vers un sanctuaire nouvellement construit. Cette décision suscite des critiques de la part des défenseurs des droits des animaux, qui estiment que les babouins devraient pouvoir vivre librement et que des solutions alternatives, moins perturbatrices, n’ont pas été suffisamment explorées.
Le problème des babouins au Cap s’aggrave depuis le début des années 2000, après que la ville a cessé d’abattre ces animaux à la fin des années 1990 en raison de l’opposition du public. Ces deux dernières années, la situation s’est encore détériorée. Un recensement réalisé en 2025 a révélé que la population de babouins avait augmenté d’un tiers depuis 2000, passant de 360 à 493 individus, répartis désormais en 12 troupes gérées. Cette croissance a entraîné des rencontres fréquentes avec les résidents, les babouins arrachant les tôles des toits, s’introduisant dans les véhicules non verrouillés et pillant les réserves de nourriture. Dans certaines zones, ils s’introduisent même la nuit dans les maisons pour voler des snacks dans les magasins de proximité, rendant difficile la pratique d’activités en plein air comme les barbecues ou les garden-parties.
Justin O’Riain, écologue comportemental à l’Université du Cap, a souligné que ces animaux ont un impact sur la valeur des propriétés, les maisons souillées par leurs excréments et leurs empreintes étant difficiles à vendre. La géographie du Cap joue également un rôle dans ce problème. La plupart des conflits se concentrent dans la péninsule du Cap, une étroite bande de terre s’étendant de la ville au cap de Bonne-Espérance. Ici, les babouins sont pris au piège entre les pentes escarpées et protégées du parc national de la Montagne de la Table et les zones urbaines en expansion le long de l’océan Atlantique.
Joselyn Mormile, qui dirige le Cape Baboon Partnership (CBP), une organisation à but non lucratif collaborant avec la ville et les autorités de conservation, a expliqué que les babouins sont attirés par les zones basses pour un meilleur accès à l’eau et à la végétation. Cependant, ces zones ont largement été urbanisées, créant un conflit persistant entre l’expansion urbaine et l’habitat naturel des babouins. Initialement, le plan de gestion 2025 du CBP prévoyait le déplacement de quatre troupes, mais cette proposition a été révisée pour donner une chance à deux autres troupes, situées dans la partie nord de la péninsule, de s’adapter à leur environnement. Mormile a indiqué que ces troupes pourraient trouver l’espace restant adapté à leurs besoins.
Le problème des babouins s’avère à la fois clivant et coûteux. Le programme de gestion des babouins du Cap a coûté environ 20 millions de rands sur 18 mois, avec des gardes forestiers à plein temps surveillant la plupart des troupes pour prévenir les conflits. En plus du déplacement des troupes de Waterfall et de Seaforth, la ville prévoit de construire une clôture anti-babouins le long de la frontière nord afin de séparer les zones urbaines des montagnes voisines. Certains militants et scientifiques estiment qu’ériger une clôture pour exclure ces troupes serait une meilleure solution que de les retirer de leur environnement. Cependant, O’Riain a mis en garde : une fois la clôture terminée, les babouins pourraient simplement se déplacer vers la prochaine zone basse disponible, car il n’y aurait peut-être pas assez de nourriture dans la zone clôturée au sud.
Les opposants au déplacement des babouins affirment que cette mesure pourrait causer des troubles psychologiques à long terme et une perturbation sociale chez ces animaux. Ils soulignent également leur rôle écologique important, notamment dans la dispersion des graines. Bien que les babouins chacmas ne soient pas classés comme espèces menacées, leur bien-être suscite déjà des inquiétudes, certains étant empoisonnés, percutés par des voitures, chassés par des chiens ou abattus. O’Riain a déclaré que personne ne devrait tirer sur un babouin, mais si les gens ont l’impression que les autorités n’agissent pas, ils pourraient prendre les choses en main. Il s’est interrogé sur le montant supplémentaire qui serait dépensé pour les babouins à l’avenir, pour finalement se retrouver confronté aux mêmes problèmes dans dix ans, ce qui entraînerait une dégradation de leur bien-être et une baisse de la qualité de vie des résidents.
La ville du Cap envisage de déplacer des babouins en raison de l'augmentation des conflits entre humains et faune
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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