Des étudiants du campus Assas Melun ont bloqué les entrées des bâtiments pour dénoncer les mauvaises infrastructures et les inégalités, rejoignant un mouvement national touchant les écoles françaises.
Des étudiants bloquent les entrées du campus Assas Melun
Le lundi 12 octobre, des étudiants du campus Assas Melun, en Seine-et-Marne, ont bloqué les accès à quatre des bâtiments du campus lors d'une manifestation. Cette action fait suite à une mobilisation similaire sur le campus Assas Paris la semaine précédente et marque un changement notable pour le campus de Melun, qui n'est pas habituellement associé aux mouvements sociaux.Une protestation inspirée par les étudiants d'Assas Paris
Camille, une étudiante de 18 ans, a déclaré que la décision de manifester avait été influencée par les actions des étudiants d'Assas Paris, qu'elle a décrit comme un bastion de l'extrême droite. Elle a exprimé sa solidarité avec les lycéens, soulignant que les revendications du mouvement ne se limitent pas à des clivages politiques mais concernent les droits de tous les étudiants.Des conditions dégradées dans un ancien lycée
Seynabou, étudiante en première année de droit âgée de 18 ans, a fait part de son expérience des mauvaises conditions dans son ancien lycée, Jean-Moulin à Torcy. Elle a décrit des problèmes tels que des toits qui s'effondrent, des inondations fréquentes et un matériel inadéquat. Un rapport de 2025 du collectif Alliance écologique et sociale (AES) indique que 20 à 30 % des bâtiments scolaires en France sont dégradés ou inadaptés aux événements climatiques extrêmes.Des problèmes d'infrastructure à Assas Melun
Des étudiants d'Assas Melun ont également signalé des problèmes d'infrastructure, notamment des ordinateurs défectueux qui ont empêché un professeur d'envoyer les supports de cours, ainsi qu'un manque de ventilation dans l'amphithéâtre Reine Blanche, qui a rendu les cours inconfortables.Des inégalités entre établissements publics et privés
Mehdi, étudiant en deuxième année de droit, a souligné la disparité des conditions d'enseignement entre les établissements privés et publics. Il a insisté sur l'importance d'environnements éducatifs accessibles et dignes pour tous les étudiants, et a exprimé sa solidarité envers ceux qui n'ont pas eu les mêmes chances.Des inégalités entre les campus de Paris et de Melun
Les étudiants ont également exprimé leur inquiétude face aux différences de traitement entre les campus de Paris et de Melun. Certains professeurs ne se déplacent pas à Melun, si bien que les cours sont dispensés par podcast. Camille a jugé cette situation injuste, affirmant que les étudiants de Melun se sentent comme des « parias », alors qu'ils possèdent les mêmes diplômes et soumis aux mêmes exigences que leurs homologues parisiens.Des frustrations qui dépassent le cadre universitaire
Mathilde, étudiante de 19 ans qui n'a pas participé au blocus, a dit comprendre la frustration de ses camarades. Elle a noté que les difficultés ne se limitent pas aux défis académiques, mais touchent aussi les démarches administratives, comme les problèmes d'inscription.Des membres de la communauté apportent leur soutien
La mobilisation a également attiré l'attention de membres de la communauté locale, dont Fatiya Mothay, représentante de parents d'élèves et assistante parlementaire du député LFI Arnaud Saint-Martin. Elle a décrit la détresse des familles face à des problèmes comme l'absence de professeurs et le manque d'accompagnement des élèves en situation de handicap.Préparatifs face à une présence policière possible
Malgré les inquiétudes liées à une présence policière et à d'éventuelles violences, les étudiants se sont préparés en se munissant de collyres, de masques et de trousses de premiers secours, témoignant de leur détermination à poursuivre la mobilisation. Selon le ministère de la Justice, plus de 6 800 personnes ont été interpellées depuis le début des manifestations, dont 86 % de mineurs, et quatre adolescents ont été grièvement blessés.Une mobilisation qui révèle des problèmes structurels
La protestation a mis en lumière les problèmes plus larges auxquels sont confrontés les élèves du secondaire comme les étudiants de l'université. Elle souligne la nécessité d'améliorer les conditions d'études et de garantir un traitement équitable sur l'ensemble des campus, reflétant une demande croissante de changements structurels dans le secteur de l'éducation.