Une équipe archéologique explore la grotte de Marsa

Dans le village de Beauregard, à l'est du Lot, une équipe archéologique étudie une canalisation en béton menant à la grotte de Marsa, un site néolithique scellé vers 2000 avant notre ère. La grotte a été fouillée pour la première fois en 1957 par l'abbé Antoine Galan, ecclésiastique et archéologue, qui y a découvert des traces de trois grandes périodes d'occupation.

Reprise des recherches passées

Vincent Ard, chercheur au CNRS, dirige une équipe qui reprend les travaux de Galan. Elle tamise les déblais des années 1950 afin de mettre au jour des éléments jusqu'alors passés inaperçus. Il s'avère que la grotte a connu des périodes d'occupation remontant à -3300 avant notre ère, avec des céramiques et du silex, suivies d'une période d'abandon, puis d'une nouvelle occupation vers -2200 avant notre ère, marquée par du cuivre, des objets en os et, peut-être, des sépultures.

Les dolmens du Quercy

Le Quercy compte environ 800 dolmens, et l'on estime à 3000 ou 4000 le nombre de ceux qui se trouvent dans l'ensemble du centre-sud de la France, ce qui en fait la plus forte densité de dolmens en Europe. Ces mégalithes, plus petits et plus récents que ceux de Bretagne, témoignent d'un usage plus large des monuments funéraires par des populations plus nombreuses.

Une prospection géophysique révèle un village néolithique

Pour localiser les villages néolithiques, Ard a lancé en 2025 une prospection géophysique près de la grotte de Marsa, qui a détecté des traces d'une palissade ou d'un fossé. En mai 2026, l'équipe a mis au jour une zone aménagée par l'homme, comportant des trous de poteau, ce qui suggère une palissade entourant un éventuel village. Une doline voisine, utile pour l'élevage, a également été repérée.

Preuves de stockage alimentaire et d'échanges culturels

L'équipe a fouillé près de 50 tonnes de terre, de pierres et de matériel archéologique issus des déblais de Galan. Elle y a trouvé des restes de faune et de graines, indiquant que la grotte servait à stocker des aliments. Les céramiques découvertes sur le site présentent des influences à la fois méditerranéennes et atlantiques, ce qui suggère que le Quercy était une région intermédiaire, en lien avec ces deux zones.

Les grottes, lieux de sépulture et de décomposition

Les silex et les ornements en os ont peut-être eu une fonction funéraire, car la grotte a pu servir à des inhumations. Ana Arzelier, paléogénéticienne, avance que les grottes pouvaient jouer le rôle de « pourrissoirs », où les morts se décomposaient avant que leurs os ne soient placés dans les dolmens.

Une grotte voisine révèle des traces de sépulture et d'échanges commerciaux

À proximité, la grotte de Foissac, dans l'Aveyron, a également servi de lieu de sépulture, avec 40 individus retrouvés. Des traces de graines, de viandes et de poissons de mer indiquent des échanges commerciaux. La grotte recèle aussi des empreintes digitales et les traces de pas d'un bébé de six mois.

Résultats génétiques issus de la grotte de Foissac

L'analyse de l'ADN des individus de Foissac n'a révélé aucun lien génétique entre eux, mais deux hommes appartenaient au lignage paternel « G2 », courant en Europe de l'Ouest pendant le Néolithique moyen. Ce lignage a ensuite été remplacé par le « R1b », issu des nomades Yamnaya, qui ont migré vers l'ouest depuis les steppes pontiques. Toutefois, aucune trace génétique des Yamnaya n'a été retrouvée chez les individus de Foissac, ce qui indique qu'aucun métissage n'avait encore eu lieu.