Retour d'une proposition de rétablissement d'indemnité

Une proposition visant à rétablir des indemnités supplémentaires pour les élus de Moorea est revenue à Tahiti, portée par deux responsables du Tavini, Heinui Le Caill et Vincent Maono, ainsi que par le président de A Fano Ti'a, Tematai Le Gayic. La proposition est actuellement examinée par la commission de l'économie, dont la discussion est prévue mardi.

Détails et coût de l'indemnité

Cette indemnité bénéficierait à trois élus tavini de Moorea, Mitema Tapati, Teremuura Kohumoetini-Rurua et Tevaipaea Hoiore, pour un coût annuel de 5,36 millions de francs. Elle serait fixée à 110 points d'indice, soit 119 350 francs par mois et par élu de Moorea-Maiao.

Historique et polémique de la proposition

La proposition avait été présentée pour la première fois par Antony Géros en avril 2025, alors qu'il avait voté en décembre 2023 la suppression de cette indemnité afin de réaliser des économies budgétaires. M. Géros s'appuyait sur une étude de 2024 selon laquelle le remboursement des frais réels coûterait plus cher qu'une indemnité forfaitaire. Toutefois, la proposition a provoqué des désaccords au sein de la majorité et a été retirée de l'ordre du jour cinq jours après son dépôt.

Recommandations de la CTC et contexte budgétaire

La Chambre territoriale des comptes (CTC) a recommandé en juillet 2024 la création d'une provision spécifique destinée à couvrir les frais d'hébergement obligatoires des élus de Moorea à Tahiti. Elle n'a toutefois pas soutenu le rétablissement de l'indemnité de 119 350 francs par mois. Les fonds nécessaires à cette indemnité figurent déjà dans le projet de budget 2027 de l'assemblée.

Contexte politique et économique

Le rétablissement de l'indemnité est débattu dans un climat politique et social tendu, à l'approche du budget 2027. Le gouvernement de Tarahoi se remet d'un débat d'orientation budgétaire houleux, et les récentes suspensions de grèves des praticiens du CHPF ont été décidées en échange de promesses de moyens supplémentaires. Par ailleurs, une hausse de 10 francs par litre du prix du carburant a soulevé des questions sur le moment choisi pour le retour de cette proposition.