Monument sous la colonne de Juillet

Sous la colonne de Juillet, haute de 50 mètres, sur la place de la Bastille à Paris, reposent depuis 1840 les dépouilles de 504 personnes tuées pendant les Trois Glorieuses, les 27, 28 et 29 juillet 1830. Il s'agissait d'insurgés qui ont combattu lors de la révolution ayant contraint le roi Charles X à abdiquer et porté Louis-Philippe au trône.

Transfert des dépouilles

Après le soulèvement de 1830, les corps furent d'abord inhumés en différents endroits de Paris, notamment dans les jardins du Louvre, dans l'ancien cimetière des Innocents et rue Fromenteau. En 1840, ils furent exhumés et transférés à la colonne de Juillet. Placés dans 50 cercueils tirés par 20 chevaux, ils furent conduits lors d'une procession solennelle.

Conception et symbolique de la colonne

La colonne de Juillet, conçue par l'architecte Alavoine et ornée par Joseph-Louis Duc, a été érigée pour honorer les révolutionnaires. Une loi adoptée en 1839 lui conféra le statut de monument funéraire. Son fût creux, divisé en trois sections, symbolise les trois journées de la révolution de Juillet, et les noms des morts y sont gravés.

Des momies égyptiennes énigmatiques

Selon certains récits, des momies égyptiennes, rapportées en France lors des campagnes de Napoléon, auraient été enterrées par erreur avec les révolutionnaires. Ces momies se seraient détériorées dans les espaces souterrains humides du Louvre, et l'on ignore si elles ont été transférées dans la crypte de la colonne de Juillet en 1840. Aucun document de l'époque ne confirme cette hypothèse, et l'histoire reste non vérifiée.

Ajouts ultérieurs au monument

Après la révolution de Février 1848, les restes d'environ 200 victimes de ce soulèvement ont également été placés dans la crypte de la colonne. La colonne de Juillet commémore ainsi les deux révolutions qui ont marqué le règne de Louis-Philippe. Les visiteurs peuvent descendre dans la crypte par un étroit escalier, où des dalles funéraires rendent hommage aux victimes des deux soulèvements.