Le ragondin, un rongeur semi-aquatique originaire d’Amérique du Sud, a été introduit en France au XIXe siècle pour sa fourrure, très prisée. À l’origine, l’animal était élevé dans des enclos afin de répondre à une demande de fourrures imitant celles d’animaux plus coûteux, comme les loutres ou les castors. Le ragondin était également utilisé dans la fabrication de feutre pour chapeaux. Cependant, avec le déclin de l’industrie de la fourrure dans les années 1930, des enclos mal sécurisés et des lâchers délibérés par des éleveurs en difficulté financière ont permis à l’espèce de s’échapper dans la nature. Sans prédateurs naturels en France, la population de ragondins s’est rapidement multipliée, chaque couple pouvant donner naissance à jusqu’à 90 petits en seulement deux ans.
Le gouvernement français avait soutenu l’industrie de l’élevage de ragondins dans les années 1930, mais à mesure que la demande pour sa fourrure diminuait, cette activité devenait non rentable. Cela a conduit à la libération de nombreux animaux dans l’environnement, où ils se sont rapidement répandus dans tout le pays. Le ragondin prospère dans les zones humides et les cours d’eau de la France, suivant le réseau hydrographique. Sa population a connu une augmentation spectaculaire dans les années 1970, entraînant des défis environnementaux et agricoles majeurs.
Polleniz, une organisation qui coordonne les efforts de lutte contre les espèces invasives comme le ragondin et le rat musqué, indique que plus de 300 000 de ces animaux sont capturés chaque année dans la région des Pays de la Loire. Toutefois, ce chiffre ne représente pas une statistique nationale et inclut à la fois des ragondins et des rats musqués, qui composent cette population. Le rat musqué représente moins de 20 % du total. Entre 2005 et 2016, le nombre de captures a augmenté de manière constante. La loi française autorise les piégeurs à contrôler ces espèces toute l’année, et un décret de 2016 publié sur Légifrance autorise le piégeage et la destruction des ragondins et des rats musqués sur l’ensemble du territoire.
Lors d’une récente opération intensive en Loire-Atlantique, 36 bénévoles ont capturé 986 ragondins et rats musqués en trois semaines à l’aide d’environ 250 pièges à cage appâtés avec des carottes. Les bénévoles étaient rémunérés à raison de 3 euros par animal capturé. Les dégâts causés par les ragondins sont principalement d’ordre mécanique : ils creusent des terriers dans les berges des rivières, les fragilisant et menaçant les digues. Les sols qu’ils déplacent dans les cours d’eau accélèrent l’ensablement des fossés et des canaux. Des risques sanitaires sont également à craindre, car le ragondin peut transmettre la leptospirose et la grande douve du foie, un parasite qui affecte surtout les ovins. Une étude publiée en 2001 dans la revue Veterinary Research a révélé que 8 à 40 % des ragondins pourraient être porteurs de la grande douve du foie.
Dans les années 1980, le ragondin a envahi le Marais poitevin, incitant à des efforts obligatoires pour enrayer sa propagation. Malgré ces mesures, la population de ragondins reste difficile à quantifier en raison de sa large répartition et de sa nature insaisissable. La Coordination Rurale, un groupe de défense des intérêts agricoles, estime que l’éradication est peu probable. Elle explore plutôt de nouvelles méthodes, comme des pièges connectés et un vaccin contraceptif, pour mieux gérer cette population.
La population de ragondins en France dépasse les 300 000 captures annuelles, suscitant des inquiétudes environnementales
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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