Ce vendredi 2 octobre, un policier a été passé à tabac lors de manifestations lycéennes à Belfort, ville du Territoire de Belfort, en France. En plus de la vidéo montrant le lynchage de l’agent, d’autres images ont circulé en ligne, notamment celle de l’arrestation d’un jeune homme menotté, dont les circonstances soulèvent des interrogations. Le procureur de la République a fait le point sur le contexte ayant précédé l’agression du policier, évoquant deux versions contradictoires : celle des lycéens et des internautes, qui affirment que l’agent aurait tenté de « noyer » le jeune homme, et celle du policier lui-même, reprise par le procureur. Sur les réseaux sociaux, des extraits vidéo ont été partagés, semblant montrer les événements ayant précédé l’arrestation d’un jeune homme près du lycée Gustave-Courbet à Belfort, où un seul policier en civil était présent. L’un de ces clips, d’une durée de trois secondes, montre un homme debout, les pieds dans la Savoureuse, un ruisseau qui traverse la zone. Une autre personne, filmée de dos, est à genoux dans l’eau, la tête semblant frôler la surface. Pour de nombreux internautes, ces images suggèrent que le policier aurait cherché à « noyer » l’élève. Un lycéen interrogé sur place a déclaré : « Il y avait un policier gradé qui a pris un élève, l’a suivi dans la rivière et l’a plongé dans l’eau, menotté. C’est pour ça que d’autres élèves sont venus en aide au premier lycéen. » Un autre élève a regretté : « Les médias aiment montrer les mauvaises choses, mais pas toute la séquence. Ils voulaient l’arrêter parce qu’il y avait eu un tir de mortier, mais ce n’était pas ce jeune qui avait tiré. » Le procureur de la République de Belfort, Paul-Edouard Lallois, reconnaît que les extraits vidéo précèdent bien le passage à tabac, mais conteste l’idée que l’agent ait voulu noyer l’élève. Il précise que la vidéo originale dure environ dix secondes et que les montages diffusés sur les réseaux sociaux ne montrent pas l’intégralité du contexte. Selon lui, le policier souhaitait isoler le jeune homme de la foule et l’a conduit vers le ruisseau. L’agent a fait agenouiller l’élève, l’a menotté, puis l’a relevé pour traverser le cours d’eau avant de revenir vers la foule. C’est à ce moment-là que l’agent a été attaqué. Le procureur rejette catégoriquement l’hypothèse d’une tentative de noyade, affirmant que le récit du policier correspond aux images. Il explique que le policier et l’élève étaient bien dans l’eau, mais que l’agent a rapidement relevé l’élève. Ce dernier a ensuite marché aux côtés du policier jusqu’à l’intervention des agresseurs. Concernant l’arrestation dans un environnement humide, le procureur évoque l’urgence de la situation et les risques liés à une interpellation en solo, sans renfort à proximité et avec un équipement limité. Il met également en garde contre les « images partagées sur les réseaux sociaux » et appelle le jeune homme qui a fui après l’agression à témoigner.