Dimanche 27 septembre, l'ambassadeur David Perdue, l'envoyé américain à Pékin, a fait une déclaration sur Fox News suggérant que l'ancien président Donald Trump avait autrefois envisagé de vendre des armes américaines à la Chine. Perdue a indiqué que Trump aurait mentionné au président chinois Xi Jinping que les États-Unis vendent des armes à des pays du monde entier et aurait même demandé si la Chine serait intéressée par l'achat de quelques-unes d'entre elles. Cependant, Perdue n'a pas précisé si un tel échange avait réellement eu lieu lors de la récente visite de Xi à Washington. Le Bureau ovale a rapidement démenti l'affirmation lundi, et Trump lui-même a déclaré qu'il « n'avait jamais entendu parler de cela », bien qu'il ait laissé la porte ouverte en suggérant que la Chine pourrait être intéressée par les armes américaines en raison de leur qualité. « Nous n'en avons pas discuté », a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Marc Julienne, directeur du centre asiatique de l'Institut français des relations internationales (Ifri), a qualifié l'idée de ventes d'armes américaines à la Chine de « irrationalité stratégique ». La Chine est considérée comme la principale rivale des États-Unis dans les domaines économique, diplomatique et militaire. Avec l'une des armées les plus rapides du monde, la Chine représente un défi majeur à l'influence américaine. Julienne a noté que le « piège de Thucydide », un concept faisant référence au risque de conflit entre une puissance établie et une montée en puissance, a été évoqué par Xi lors de sa visite à Washington. Il a souligné l'importance de coexister pacifiquement entre les deux pays malgré leurs différences. Une vente d'armes américaines à la Chine risquerait de permettre à des technologies sensibles de fuir vers les alliés de Pékin, tels que l'Iran et la Russie, et d'entacher les intérêts stratégiques américains dans la région. Depuis 1989, les ventes d'armes à la Chine sont illégales aux États-Unis en raison d'une loi fédérale adoptée par le Congrès en 1990. Cette loi, connue sous le nom de l'amendement Jackson-Vanik, suspend les autorisations d'exportation vers la Chine pour les articles de défense figurant sur la Liste des armements américains. Bien que le président américain ait le pouvoir de lever cette suspension, elle n'a jamais été activée. Les Règlements internationaux des transactions en armes des États-Unis (ITAR) interdisent également l'exportation, la réexportation ou la rétransfert d'articles et services de défense vers la Chine. Julienne a souligné que les États-Unis disposent d'un cadre juridique complet pour empêcher la Chine d'acquérir des armes ou des composants utilisés dans leur production. Il a critiqué les remarques de Perdue comme révélant un « déficit de compétences » et un manque de compréhension de la loi, des intérêts et des relations historiques des États-Unis avec la Chine. Perdue, un homme d'affaires devenu sénateur qui a été nommé ambassadeur par Trump, n'a pas d'expérience diplomatique formelle. Julienne a averti que les déclarations ambiguës de l'ambassadeur pourraient troubler les alliés américains de l'Indo-Pacifique, tels que le Japon, la Philippins et Taïwan, qui dépendent de Washington pour leur sécurité face à l'influence chinoise. Taïwan, sur laquelle Pékin prétend la souveraineté, voit les États-Unis comme son principal allié et un fournisseur clé d'armes. La loi sur les relations avec Taïwan, adoptée en 1979, permet aux États-Unis de fournir à Taïwan des armes de défense. Perdue a démenti tout changement de politique américaine envers Taïwan, affirmant que l'administration Trump avait vendu plus d'armes à l'île que tout autre président depuis 1979. En décembre, Washington a approuvé des ventes d'armes de 11,1 milliards de dollars à Taïwan, mais un accord de 14 milliards de dollars a été retardé après la visite de Trump en Chine. Trump avait décrit la question comme un possible « outil de négociation » avec Pékin. Craig Singleton de la Fondation pour la défense des démocraties a déclaré que les remarques de Perdue reflétaient l'approche « extrêmement transactionnelle » de Trump en diplomatie, traitant des tarifs et des armes comme des outils de négociation. Evan Sankey du Cato Institute a qualifié l'idée de ventes d'armes américaines à la Chine d'« inversion de politique stupéfiante » et a noté que cela soulignait l'accent mis par Trump sur les intérêts commerciaux, même au détriment de la force militaire américaine en Asie.