Le FMI exprime sa confiance dans la résolution de la dette sénégalaise

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, a exprimé sa confiance dans la capacité du Sénégal à parvenir à un accord avec ses créanciers, bien qu'aucun calendrier n'ait été fixé pour le versement des 2,2 milliards de dollars de financement attendus. Le FMI reste optimiste quant à l'issue des négociations concernant la dette sénégalaise, Mme Georgieva estimant que la situation constitue un test pour l'efficacité des procédures internationales de restructuration de la dette.

La crise financière du Sénégal et la réévaluation de la dette

Cette déclaration intervient alors que le Sénégal cherche à se relever d'une crise financière déclenchée en 2024 par la découverte d'emprunts publics non déclarés contractés par l'ancienne administration. Des audits ont réévalué la dette du pays à environ 130 % du produit intérieur brut, en incluant les entreprises publiques et les garanties de l'État, ce qui a conduit à la suspension d'un précédent programme du FMI et à une détérioration de la confiance des investisseurs.

Accord préliminaire conclu avec le FMI

Le 1er septembre, Dakar et le FMI ont conclu un accord préliminaire portant sur un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Toutefois, son approbation par le conseil d'administration reste subordonnée à la correction de données financières erronées et à l'obtention de garanties de financement suffisantes.

Incertitudes sur les délais de décaissement et d'approbation

Le gouvernement espère un premier décaissement dès novembre, avant un accord de principe avec ses créanciers en décembre, mais le FMI n'a annoncé aucune échéance. Sa porte-parole, Julie Kozack, a reconnu ce mois-ci qu'aucune date n'avait été fixée pour soumettre le programme au conseil d'administration.

La démarche du gouvernement dans les négociations avec les créanciers

Le gouvernement propose la mise en place de quatre comités de créanciers travaillant en parallèle, regroupant les prêteurs bilatéraux, les détenteurs d'obligations, les banques commerciales et les institutions régionales. Il souhaite également préserver les emprunts libellés en francs CFA afin d'éviter de déstabiliser le marché financier régional.

Retards et réserves des créanciers

Les discussions pourraient prendre plus de temps : une source gouvernementale indique que le Club de Paris aurait évoqué une période de six à neuf mois pour parvenir à un accord, voire moins, sans que le Club de Paris ait confirmé cette estimation. Les investisseurs privés affichent également des réserves : un groupe détenant 2,2 milliards de dollars d'obligations sénégalaises a choisi le cabinet Alvarez & Marsal comme conseiller financier. Ces créanciers ont averti Dakar qu'une réduction du montant du principal de la dette à rembourser pourrait considérablement ralentir les négociations.

L'optimisme du FMI met en lumière des défis persistants

L'optimisme de Mme Georgieva envoie un signal favorable au Sénégal, sans dissiper pour autant les incertitudes : la rapidité des discussions dépendra des concessions que chaque catégorie de créanciers sera prête à accepter.