Le maire de Vauvert dévoile un audit financier alarmant, révélant un endettement excessif et des perspectives sombres pour les finances publiques.
Conseil municipal précédé d'un audit financier
À quelques jours du conseil municipal prévu le lundi 2 novembre, la majorité de Vauvert a dévoilé les résultats d'un audit financier de la commune. Le maire, Nicolas Meizonnet, a présenté ces conclusions lors d'une réunion publique à la salle George Bizet, où les habitants occupaient tous les sièges disponibles. Aucun élu de l'opposition n'était présent.Le maire met en avant la rigueur financière
Le maire a souligné que cet audit s'inscrit dans la volonté de l'équipe municipale de garantir un usage correct des deniers publics. Il a déclaré que Vauvert n'est pas riche et que chaque euro dépensé doit être utile aux habitants. Pendant la campagne électorale, il avait insisté sur la situation financière, mais ses détracteurs l'accusaient d'exagérer, voire de mentir.Une situation financière plus dégradée qu'espéré
À leur arrivée aux responsabilités, les élus ont pris conscience de la réalité de la situation, qu'ils décrivent comme pire que prévu, avec un surendettement important. Le maire a demandé une rencontre avec la préfecture du Gard, où les services ont confirmé que la commune fait l'objet d'un suivi renforcé en raison de sa fragilité financière. Si la situation perdure, l'État pourrait être amené à établir le budget de la ville, un scénario que l'équipe municipale souhaite éviter.Un audit approfondi révèle des tendances préoccupantes
Après un premier audit réalisé par la DGFiP, le cabinet parisien Aspasie a été chargé de mener un audit complet couvrant la période 2020-2025, avec des projections jusqu'à la fin du mandat municipal. Présenté par Djamel Bouzerzour, directeur général et fondateur d'Aspasie, cet audit dresse un tableau financier inquiétant.La capacité d'autofinancement chute fortement
La capacité d'autofinancement (CAF) brute de la commune est tombée à 647 000 euros en 2025, contre 1,485 million d'euros en 2024. Cela représente 55 euros par habitant, très en deçà de la moyenne nationale de 216 euros. Le taux d'épargne brute atteint 3,56 %, bien en dessous du seuil d'alerte de 8 % fixé par le cabinet et du seuil de vigilance de 7 % défini par la Cour des comptes.Des charges et une dette en forte hausse
Les dépenses réelles de fonctionnement ont atteint 18,1 millions d'euros en 2025, soit une progression de 26,3 % depuis 2021. Les charges de personnel sont passées de 8,5 millions d'euros en 2021 à 10,9 millions d'euros en 2025, tandis que les charges à caractère général sont passées de 2,97 à 4,12 millions d'euros. Les dépenses de personnel représentent désormais 60 % des dépenses réelles de fonctionnement et mobilisent 887 euros par habitant, contre une moyenne nationale de 752 euros.Une capacité de désendettement qui se dégrade
L'encours de la dette s'élevait à 16,87 millions d'euros au 31 décembre 2025, en baisse par rapport aux 18,12 millions d'euros de 2024. Toutefois, la capacité de désendettement est estimée à 26,07 années, contre 12,2 années en 2024. La moyenne de la strate est de 3,76 années, et le seuil d'alerte est fixé à 12 années.Un fonds de roulement en recul
Le fonds de roulement est passé de 4,822 millions d'euros à la fin de 2024 à 2,573 millions d'euros à la fin de 2025, soit une baisse de 2,249 millions d'euros (-46,6 %). Il ne couvre désormais que 54 jours de dépenses réelles de fonctionnement, contre 105 jours un an plus tôt et 84 jours en moyenne pour la strate.Des perspectives financières incertaines
La commune prévoit une CAF nette de -900 000 euros pour 2026, voire davantage selon certains scénarios. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : des décisions prises en 2025, des dépenses élevées au premier trimestre 2026 et des engagements de 2025 qui seront payés en 2026. Le maire délégué aux finances, Daniel Santamatilde, a présenté un plan de redressement jusqu'en 2031, visant une CAF nette de -200 000 euros en 2027, un équilibre en 2028, puis des résultats positifs les années suivantes.Un plan de redressement fondé sur la maîtrise des dépenses et la croissance des recettes
Pour y parvenir, la commune prévoit de maîtriser ses dépenses et de développer ses recettes, notamment en élargissant les bases fiscales grâce aux nouvelles constructions, et en travaillant avec la DDFiP sur les catégories 7 et 8. Les premières actions comprennent un renforcement de la rigueur des achats, une réorganisation des services et une analyse systématique des positions de dépenses et de recettes.Réductions budgétaires et réactions du public
La commune a déjà réduit les subventions accordées à des manifestations comme Jazz à Vauvert, avec une baisse de 65 000 euros, une décision critiquée par certains mais que les élus jugent nécessaire. Les taxes locales ne seront pas augmentées, une décision saluée par la population. Le maire a insisté sur la nécessité d'équilibrer dépenses et recettes sans hausse des impôts locaux, un exercice difficile qui exigera des choix douloureux.Les prochaines décisions budgétaires
La préparation du budget 2027 débutera en novembre, avec des arbitrages attendus en janvier 2027 et le vote du budget primitif en mars. Une réunion publique est prévue en avril 2027 pour présenter les choix retenus afin de rétablir la santé financière de la commune.