Le maire de Besançon dévoile les conclusions d'un audit montrant des finances solides mais des projets sous-financés, suscitant des débats sur les priorités budgétaires et les politiques nationales.
Audit fait le point sur la situation financière de la ville
Le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, a présenté les résultats d'un audit financier détaillé réalisé par un cabinet spécialisé. Cet audit, qui a coûté 14 000 € sur un mois, guidera les décisions concernant le budget de la ville, les plans d'investissement et le budget 2027. Ludovic Fagaut l'a qualifié de « photographie précise de la situation que nous héritons à ce jour ».Une santé financière de la ville jugée satisfaisante
L'audit a conclu que la situation financière de la ville est globalement positive, avec un taux d'épargne brute de 19,6 % et la capacité de réduire la dette en environ trois ans. Ludovic Fagaut a toutefois souligné que Besançon se situe dans le bas de la fourchette par rapport à des collectivités comparables, et que les niveaux d'investissement n'ont pas atteint leur potentiel antérieur.L'ancienne majorité met en avant la stabilité financière
L'ancienne majorité, conduite par l'ancien adjoint aux finances, affirme que l'audit fait apparaître une « situation financière solide » résultant d'une bonne gestion depuis 2020. Emmanuel Huot-Cusenier, adjoint aux ressources humaines, a relevé une hausse de 16 millions d'euros des dépenses de personnel entre 2020 et 2026, qui représentent désormais 55 % du budget de fonctionnement 2025.Perte de subventions liée à l'évolution des financements
Fabrice Taillard, adjoint aux finances, a indiqué que Grand Besançon Métropole n'est plus éligible à un fonds de subvention majeur, ce qui entraîne une perte d'environ 6 millions d'euros. Il a critiqué les critères nationaux de ce fonds, qu'il juge « assez théoriques », estimant qu'ils surestiment la situation financière de la ville.Manque de financements pour les grands projets
Une préoccupation majeure soulevée concerne l'absence de budget pour plusieurs projets d'investissement, représentant au total environ 14 millions d'euros. Parmi les projets notables figurent le Centre international de séjour (CIS), qui nécessite 2,6 millions d'euros supplémentaires, ainsi que d'autres dossiers comme l'école Jean Macé et l'éclairage de la Citadelle intramuros.L'ancienne administration défend son plan d'investissement
L'ancienne administration a défendu son plan d'investissement, qui prévoit 284 millions d'euros de 2026 à 2030 pour de grands projets urbains, la rénovation d'écoles et la végétalisation. Elle affirme que le prétendu « déficit » du plan représente moins de 6 % des opérations totales prévues, et a critiqué la proposition de la nouvelle équipe de ramener l'investissement à 45 millions d'euros en 2027.Nouvelles priorités et ajustements des projets
Ludovic Fagaut a averti que certains projets du plan d'investissement pourraient devoir faire l'objet d'arbitrages pour être financés, car il vise un objectif d'investissement annuel de 45 millions d'euros. Une révision des priorités est en cours, certains projets comme le CIS étant abandonnés ou reportés en raison de l'évolution démographique et des contraintes financières.Gestion de la masse salariale et optimisation des recettes
Emmanuel Huot-Cusenier a assuré aux agents qu'aucune économie sur la masse salariale n'est prévue, tout en insistant sur la maîtrise des coûts grâce à la limitation des heures supplémentaires et des recrutements, sauf nécessité. Fabrice Taillard a souligné la nécessité d'optimiser les recettes par le biais de partenariats public-privé et de rechercher le maximum de subventions auprès de tous les partenaires possibles.Critiques du projet de loi de finances 2027
Ludovic Fagaut a critiqué le projet de loi de finances 2027 et réclame un bouclier pour protéger les grandes villes de la hausse de leurs charges financières. Il a reçu le soutien des maires de Toulouse, du Mans et de Lyon, qui ont également critiqué les évolutions des règles de TVA et la répartition du fonds de compensation pour la TVA (FCTVA).