Des craintes initiales en médecine d'urgence

La Dre Charlotte Rachline, médecin urgentiste à l'hôpital franco-britannique, se souvient avoir choisi de faire son premier stage en médecine d'urgence pour « passer le plus dur ». Elle reconnaît avoir eu peur des situations critiques et de ne pas savoir comment les gérer.

Des premières expériences difficiles

Lorsqu'elle a commencé son externat et ses premières gardes, l'expérience a été éprouvante. « Quand on arrive aux urgences et qu'on ne sait pas quoi faire de soi, à moins de rencontrer des personnes très gentilles et bienveillantes, ce qui n'était pas le cas, on se sent complètement inutile. On a l'impression de rajouter du travail aux autres. Ce qui est vrai », se rappelle-t-elle.

Les motivations de son choix de devenir médecin

Elle a choisi la médecine principalement par « curiosité infinie pour le corps humain », qui l'a toujours fascinée. Paradoxalement, ce choix était aussi lié à une peur profonde de la maladie et surtout de la mort. « J'avais besoin de comprendre la maladie et l'imprévisibilité du corps humain pour retrouver une forme de contrôle. Et c'est sans doute aussi pour cette raison que les urgences me faisaient peur. »

Surmonter ses peurs par l'expérience

Quelques années après cette expérience traumatisante, comme de nombreux internes, la Dre Rachline a décidé de commencer son internat par la médecine d'urgence. Pour elle, c'était une manière de « tuer la bête », mais aussi d'accumuler des expériences pour réduire progressivement le stress lié aux situations critiques.

Une satisfaction inattendue

Contre toute attente, cette expérience lui a plu. « Je ne m'y attendais pas, mais j'ai adoré ce stage à l'hôpital Foch », explique-t-elle. Elle a également découvert un nouvel environnement professionnel et une organisation mieux adaptée à sa manière de travailler.

Un nouvel environnement et plus de souplesse

« C'était aussi la première fois que je quittais la Pitié et que je découvrais un autre hôpital. Cela m'a plu pour plusieurs raisons. J'ai trouvé que le fonctionnement était un peu plus souple, peut-être aussi parce que j'avais plus d'expérience et de connaissances que lorsque je suis arrivée en tant qu'externe. »

Les attraits du travail aux urgences

Plusieurs aspects du métier l'ont rapidement séduite : « Le travail en équipe, le sentiment d'être au carrefour de différentes spécialités, des autres urgentistes, des infirmiers et des aides-soignants... » Elle apprécie également la proximité entre les différents professionnels.

La valeur du travail d'équipe et de l'immédiateté

« Je trouve que l'on est beaucoup plus proches aux urgences que dans les services hospitaliers classiques. On a le sentiment d'être un peu comme un rouage dans une machine bien huilée, au service des patients. » Enfin, la diversité des pathologies et l'immédiateté des soins l'ont convaincue.

Transformer la peur en vocation

Cette première expérience a finalement transformé sa peur des urgences en une véritable vocation. En tant que tutrice des internes et formatrice lors des séances de simulation à la fondation Cognac-Jay, la Dre Rachline s'efforce de transmettre une image positive des urgences.

Mettre l'accent sur la confiance et l'expérience

« J'évite de les mettre en difficulté et je leur apprends à se faire confiance en toute sécurité. J'insiste sur l'expérience des situations difficiles, comme la réanimation ou la mort. C'est quelque chose que j'aurais aimé qu'on fasse avec moi lorsque j'étais interne. » Enfin, la Dre Rachline accorde une attention particulière aux compétences relationnelles : « Cela ne s'apprend pas dans les livres, et je trouve que le retour des personnes plus expérimentées est vraiment précieux. »