Dans les lieux publics comme les restaurants, les magasins, les parcs ou les transports en commun, des situations imprévues peuvent survenir à tout moment. Pour les jeunes enfants, ces moments peuvent s’avérer particulièrement difficiles, car ils manquent souvent des mots pour exprimer ce qu’ils ressentent. Lorsque des émotions comme la fatigue, la frustration ou la colère les submergent, la gestion de la situation peut devenir compliquée, surtout en présence d’autres personnes. Les parents peuvent ressentir la pression de quitter rapidement les lieux pour éviter les regards ou trouver un environnement plus calme. Mais est-ce la seule solution ? Selon la psychologue Sophie Tournesac, il n’existe pas de solution universelle lorsqu’un enfant fait une crise en public. Elle ne préconise ni de partir ni de rester, affirmant : « Je ne vous dirai pas de partir ou de ne pas partir. » Dans certains contextes, comme dans un métro ou un train, il peut être impossible de trouver un peu d’intimité. En revanche, dans un restaurant, par exemple, « vous pouvez sortir prendre l’air avec votre enfant ». L’essentiel, souligne-t-elle, est d’éviter que l’enfant ne se sente exposé ou humilié par l’attention des autres. Il est important que le parent reste en contact avec son enfant, même si cette connexion passe par le silence. Lorsqu’un enfant est submergé, il peut ne pas être en mesure de comprendre ce qu’un adulte lui dit. Dans ces moments, il est inutile de multiplier les explications ou d’exiger de l’enfant qu’il arrête de pleurer ou de se calmer. La psychologue recommande plutôt d’utiliser le mouvement, la respiration et la distraction par le jeu. « Cela peut être une chanson que l’enfant aime, un doudou qu’il a », conseille-t-elle. L’objectif est de détourner l’attention de l’enfant et de l’aider à retrouver un sentiment de sécurité et de calme. Le rôle du parent n’est pas de mettre fin immédiatement à la crise, mais d’offrir une présence rassurante. Gérer une crise d’enfant en public peut aussi être éprouvant émotionnellement pour le parent. Ce dernier peut craindre les jugements ou avoir l’impression de mal faire. Sophie Tournesac rappelle que « aucun parent n’est parfait » et que cette pression peut rendre plus difficile le fait de rester calme. Elle encourage les parents à gérer leurs propres émotions, en utilisant des techniques comme la respiration lente ou en se recentrant sur le moment présent. Cet équilibre émotionnel est essentiel, car les enfants apprennent à gérer leurs sentiments en observant leurs parents. Des gestes simples, comme tenir la main de l’enfant, établir un contact visuel ou lui offrir une étreinte, peuvent renforcer le sentiment de connexion et de sécurité. Pour les très jeunes enfants qui ne peuvent pas encore exprimer leurs besoins avec des mots, les parents peuvent les aider en reconnaissant leur vécu, par exemple en disant : « Oh là là, c’est difficile, tu dois être fatigué. » Cela permet de donner un sens à leurs émotions et de les accompagner dans la crise.