Île-de-France dépense moins par lycéen que la moyenne nationale, ce qui suscite des manifestations contre des infrastructures vieillissantes et des baisses de financement.
Île-de-France dépense moins par élève que la moyenne nationale
La région Île-de-France a consacré 2 380 € par lycéen et par an entre 2021 et 2023, un montant inférieur à la moyenne nationale de 3 188 €. Selon les données du ministère de l'Éducation nationale, l'Île-de-France est ainsi la région où les dépenses par élève sont les plus faibles de France.Les hausses de financement sont en retard sur la croissance des effectifs
Céline Malaisé, conseillère régionale communiste, a souligné que les hausses de financement ont été bien plus lentes que l'augmentation du nombre d'élèves depuis 2016. Cette situation a affaibli les capacités d'entretien courant et de petite maintenance dans les lycées, favorisant l'accumulation de petites défaillances qui entraînent des pannes et des problèmes plus importants.Des élèves se mobilisent contre la vétusté des bâtiments
Les mobilisations lycéennes en Île-de-France ont commencé à Créteil avant de s'étendre à des secteurs comme la Seine-Saint-Denis, où plusieurs lycées s'étaient déjà mobilisés contre la vétusté de leurs bâtiments et pour davantage de moyens. Les manifestants brandissaient notamment des pancartes portant la mention « C'est la hess, la faute à Pécresse », adressée à Valérie Pécresse, présidente de la région.Pécresse qualifie les manifestants de casseurs et supprime des aides
Valérie Pécresse s'est dite triste de la mobilisation lycéenne, la réduisant, dans un quotidien régional, à un groupe de casseurs. Lors d'une interview télévisée, elle a décrit les manifestations comme des émeutes urbaines organisées sur le dark web, et annoncé la suppression des aides régionales pour les élèves sanctionnés par un conseil de discipline, une décision critiquée comme populiste et imitée de l'extrême droite.Le budget 2026 comprend des crédits de fonctionnement et d'investissement
Le budget prévisionnel 2026 pour les lycées d'Île-de-France prévoit 349 millions d'euros pour le fonctionnement et 786 millions d'euros pour l'investissement. Toutefois, les dépenses de fonctionnement et d'investissement obéissent à des règles différentes, et le budget total de 5,8 milliards d'euros de la région doit être considéré au regard des 470 lycées publics et des 453 270 élèves.L'investissement par élève reste inférieur à la moyenne nationale
Pendant le premier mandat de Valérie Pécresse (2016-2021), l'investissement annuel par élève en Île-de-France s'élevait à 1 114 €, contre une moyenne nationale de 1 210 €. Pour la période 2022-2025, l'investissement par élève en Île-de-France atteignait 1 206 €, un montant inférieur à la moyenne nationale de 1 347 €.Un plan pluriannuel d'investissement manque de transparence
Un plan pluriannuel d'investissement de 6,6 milliards d'euros, lancé en 2016, ne comporte ni inventaire du patrimoine des lycées ni programmation transparente des travaux de rénovation fondée sur des priorités objectives. La chambre régionale des comptes a averti en 2021 que seuls 25 % des fonds annoncés avaient effectivement été dépensés.Des réorganisations ont entraîné l'arrêt de chantiers
Huit réorganisations ont été imposées à la direction régionale du patrimoine et des lycées, faisant passer le nombre de lycées gérés par une équipe d'ingénieurs et de techniciens de 25 en 2016 à plus de 40 en 2021, ce qui a entraîné des factures impayées et l'interruption de chantiers.Les financements régionaux de fonctionnement ont diminué
Les financements régionaux de fonctionnement (DGFL) des lycées publics ont baissé de 37 € par élève depuis 2016. Entre 2021 et 2027, ils ont diminué de 13,5 % en euros constants. De 2026 à 2027, alors que l'inflation est estimée à 2,5 % puis à 1,7 %, les financements régionaux n'augmenteront que de 0,68 %.La croissance des financements est en retard sur les effectifs
Depuis 2016, les financements ont progressé beaucoup plus lentement que le nombre d'élèves. Entre 2023 et 2027, alors que le nombre d'élèves a augmenté de 6,88 %, les financements régionaux n'ont progressé que de 1,62 %. Le montant prévu pour 2027 diminuera de 12 € 25 par élève.Malaisé appelle à davantage de financements et à des réformes
Céline Malaisé a insisté sur la nécessité, pour la région, de répondre aux attentes des élèves en augmentant les financements régionaux de fonctionnement, en les indexant sur l'inflation et sur le nombre d'élèves, et en mettant en place un mécanisme de rattrapage pour les baisses passées. Elle a également demandé la suppression des subventions jugées illégales versées aux lycées privés et la revalorisation de la dotation nationale pour l'équipement scolaire, en y intégrant des considérations climatiques.La région doit demander des évolutions du financement national
La région doit aussi demander la modification du système national de financement des lycées fondé sur l'indice de position sociale (IPS), et y intégrer les lycées privés sous contrat. Elle devrait en outre défendre le recrutement de personnels éducatifs et sociaux ainsi que la revalorisation de leurs salaires, et faciliter la maîtrise d'ouvrage publique des lycées.