Les élèves à travers la France ont organisé des manifestations pour attirer l’attention sur l’état déplorable des bâtiments scolaires, soulignant des problèmes tels que des pannes de chauffage, des bouilloires thermiques cassées, des fuites d’eau et des toilettes non nettoyées. Bien que les régions aient alloué 18 % de leurs budgets à l’enseignement secondaire en 2025, incluant des fonds pour l’entretien et la construction de nouveaux établissements, la question reste source de débats. La gestion des bâtiments scolaires relève des autorités régionales, et non du budget national de l’Éducation, lequel devrait augmenter de 1,1 milliard d’euros d’ici 2027. Les tensions sont déjà vives entre le gouvernement national et les autorités régionales, et les manifestations étudiantes n’ont fait qu’aggraver la situation. Renaud Muselier, ancien président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a critiqué le gouvernement, affirmant que les régions font déjà des sacrifices et ne peuvent continuer à combler les lacunes sans soutien. Le gouvernement a tenté de résoudre la crise en dialoguant avec les dirigeants régionaux, mais une organisation représentant les régions a exprimé sa frustration de ne pas avoir été officiellement invitée aux réunions avec le Premier ministre. La loi de finances pour 2026 prévoit une demande de 5,4 milliards d’euros auprès des collectivités locales, dont plus d’un milliard devrait provenir des régions. Cela pourrait affecter les fonds disponibles pour les lycées, surtout si les coûts de réparation des dégradations causées par les manifestations étudiantes ne sont pas couverts par les assurances. Le président Fabrice Pannekoucke d’Auvergne-Rhône-Alpes a estimé les dégâts dans sa région entre 25 et 30 millions d’euros, tandis que Valérie Pécresse d’Île-de-France les a évalués à 7 millions d’euros, précisant que ce chiffre pourrait évoluer. Xavier Bertrand des Hauts-de-France a quant à lui estimé les dégâts à 1 million d’euros. En 2025, les régions ont alloué 6,8 milliards d’euros à l’enseignement secondaire, dont 4,3 milliards pour les dépenses de fonctionnement et 2,5 milliards pour les investissements, soit environ 18 % de leurs budgets totaux. Le financement régional des lycées provient principalement des impôts locaux et des dotations annuelles de l’État. Chaque région fixe un niveau de financement par établissement en fonction de critères comme le nombre d’élèves, la taille des bâtiments et les programmes éducatifs proposés. En Île-de-France, la région prend en charge la moitié des coûts de fonctionnement pour réaliser des économies. Renaud Muselier a indiqué que les lycées représentent un tiers du budget de 3 milliards d’euros de la Région Sud, avec des coûts annuels de rénovation allant de 200 à 250 millions d’euros. Valérie Pécresse a précisé qu’Île-de-France consacre 1 milliard d’euros par an à la rénovation de ses 468 lycées publics, pour un investissement total de 6,6 milliards d’euros entre 2015 et 2026. Le gouvernement a mis en place des mécanismes de soutien, comme le Fonds vert, qui atteindra 1 milliard d’euros en 2027, et le fonds de compensation de la TVA, permettant aux collectivités locales de récupérer une partie de la TVA payée sur leurs investissements. Cependant, Muselier a critiqué ces dispositifs comme trop complexes et a souligné qu’ils réduisent souvent les ressources disponibles pour les collectivités.