Les élèves des lycées de Seine-Saint-Denis, un département de la banlieue parisienne, dénoncent une dégradation des conditions d’apprentissage : plafonds effondrés, fenêtres brisées, salles inondées, voire des rats dans les couloirs. Depuis fin septembre, ces lycéens organisent des manifestations, estimant que leurs établissements sont moins bien dotés en moyens que ceux de Paris. James Chéron, vice-président de l’UDI en Île-de-France, conteste cette analyse. Selon lui, Seine-Saint-Denis bénéficie de davantage de ressources en raison de ses besoins accrus et des retards accumulés dans la rénovation des infrastructures. En France, le financement des lycées publics est partagé entre l’État et les collectivités régionales : le premier prend en charge les salaires et la formation des enseignants, tandis que les secondes assurent l’entretien des bâtiments et le personnel non enseignant.
Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a souligné que le coût par élève en Seine-Saint-Denis est 13 % plus élevé dans le primaire. Cette différence s’explique par les financements dédiés aux programmes d’éducation prioritaire, les primes de fidélisation des enseignants et le dédoublement des classes dans certains niveaux. En moyenne, le coût par élève s’élève à 9 080 euros dans le primaire, 10 450 euros au collège et 13 020 euros au lycée. Pourtant, certains estiment que les élèves de Seine-Saint-Denis reçoivent 2 000 euros de moins que ceux de Paris, en partie à cause des salaires moins élevés des enseignants contractuels par rapport à ceux des titulaires.
La région a investi près de 500 millions d’euros ces dernières années pour rénover les lycées de Seine-Saint-Denis, dont 45 millions spécifiquement alloués au lycée Paul-Éluard. Un budget exceptionnel de 1,9 milliard d’euros a par ailleurs été consacré à l’éducation cette année, mais certains s’interrogent sur son caractère suffisant. Céline Malaisé, conseillère régionale, relève que le financement des lycées en Seine-Saint-Denis a globalement diminué : 60 % des établissements du département subissent une baisse de dotation, contre 40 % à Paris.
Seine-Saint-Denis peine aussi à attirer les enseignants, comme en témoignent les postes non pourvus aux concours. Dans l’académie de Créteil, 118 postes de professeurs des écoles sont restés vacants en 2026. Malgré les réformes, certains enseignements peinent à recruter. En 2023, seulement 31 enseignants ont demandé une mutation vers Seine-Saint-Denis, contre plus de 1 000 dans d’autres départements. Simon Duteil, professeur d’histoire en Seine-Saint-Denis, explique que beaucoup d’enseignants cherchent à quitter le département en raison des difficultés du terrain.
Seine-Saint-Denis compte une proportion plus importante de jeunes enseignants : 44 % ont moins de 35 ans dans le secondaire, contre 42 % de plus de 50 ans à Paris. Les professeurs y sont aussi moins expérimentés, avec 56 % ayant moins de cinq ans d’ancienneté. Le taux d’agrégés — enseignants de haut niveau — y est inférieur (7 % contre 16 % à Paris), tandis que la part des contractuels est plus élevée (10 % contre 8 %). Les classes en Seine-Saint-Denis comptent en moyenne 28,6 élèves, contre 30,2 au niveau national. À Paris, en revanche, la taille des classes a davantage diminué en raison de l’évolution démographique.
Le département concentre un nombre élevé d’établissements classés en éducation prioritaire (Rep et Rep+), soit 577 sur 993 publics, contre 242 sur 740 à Paris. Cette surreprésentation accentue les besoins en ressources. Seine-Saint-Denis dispose aussi de moins de médecins scolaires et d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) que Paris. C’est le département le plus pauvre de France métropolitaine, avec un taux de pauvreté supérieur à 28 %, contre 16,8 % à Paris. Cette précarité économique aggrave les défis en matière d’accès à une éducation de qualité. Une organisation intersyndicale estime à 358 millions d’euros le besoin de financement supplémentaire pour combler l’écart.
Les inégalités éducatives entre Seine-Saint-Denis et Paris révèlent des écarts de financement et de ressources
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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