La France dépense 28 % de plus par lycéen que la moyenne des pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), mais des critiques soulignent que cet argent n’est pas utilisé de manière optimale. Malgré cet investissement supérieur, les lycées français font face à des défis persistants : des infrastructures vieillissantes, des salaires d’enseignants inférieurs à ceux d’autres pays développés et un manque d’enseignants qualifiés. Les récentes manifestations étudiantes ont braqué les projecteurs sur le sous-financement du système éducatif national, alors même que celui-ci reste le premier poste de dépenses de l’État français, hors remboursement de la dette. Selon le projet de loi de finances pour 2027, le secteur devrait bénéficier de 90,9 milliards d’euros l’an prochain, dont 64 milliards d’euros alloués aux dépenses de fonctionnement, hors pensions des enseignants.
En 2023, la France a investi 19 527 dollars par lycéen en parité de pouvoir d’achat, soit 28 % de plus que la moyenne de l’OCDE, qui s’élève à 15 288 dollars. Les dépenses publiques seules atteignent 16 311 dollars par élève, un niveau supérieur de 24 % à la moyenne de l’organisation. Les lycées généraux ont reçu 16 674 dollars par élève, une hausse de 34 %, tandis que les lycées techniques ont bénéficié de 15 638 dollars, soit 12 % de plus que la moyenne. Ces chiffres placent la France en neuvième position parmi les pays de l’OCDE, juste derrière les États-Unis. En revanche, pour les écoles élémentaires et les collèges, la France dépense moins que la moyenne de l’OCDE, avec des ressources inférieures de 11 % et 4 % respectivement. Éric Charbonnier, analyste de l’OCDE spécialisé dans l’éducation, souligne que ces disparités sont plus marquées en France que dans de nombreux autres pays.
La concentration des ressources sur les lycées ne suffit pas à combler les lacunes dénoncées par les élèves et les enseignants. Éric Charbonnier qualifie la situation de « paradoxale », l’attribuant à « une mauvaise allocation des dépenses » et à « des inégalités criantes entre les établissements ». Il explique que la France dépense massivement pour les lycées, mais n’obtient pas les résultats escomptés, en partie parce qu’il existe trop de lycées, notamment de petites structures. Environ 11 % des lycées comptent moins de 100 élèves, ce qui augmente les coûts de fonctionnement. Par ailleurs, le volume horaire élevé en France – 1 200 heures de cours par an contre 1 000 en moyenne dans l’OCDE – nécessite davantage d’enseignants, ce qui alourdit la facture.
Un autre facteur de surcoût est la proportion élevée d’enseignants « agrégés », mieux rémunérés mais passant moins de temps en classe. Leur service hebdomadaire est de 15 heures, contre 18 heures pour les enseignants certifiés. Le développement des filières professionnelles, très coûteuses en raison des équipements spécialisés, contribue également à gonfler la note. Pour améliorer l’efficacité du système, Éric Charbonnier plaide pour une refonte des priorités budgétaires, notamment en relevant les salaires des enseignants afin d’attirer davantage de candidats qualifiés. Aujourd’hui, après quinze ans d’expérience, les enseignants français gagnent entre 15 % et 20 % de moins que la moyenne de l’OCDE, et cette situation n’a pas évolué depuis vingt-cinq ans.
Les comparaisons internationales des dépenses éducatives doivent être interprétées avec prudence, car l’État français compense le déficit du système de retraite en appliquant une contribution employeur plus élevée sur les salaires des fonctionnaires. Cela gonfle artificiellement les budgets de l’éducation. L’Institut des politiques publiques estime que, en 2021, les dépenses réelles par élève dans le secondaire s’élevaient à 10 334 euros, et non à 11 320 euros, soit une baisse de 9,54 %. Des surestimations similaires concernent le primaire et le supérieur. Éric Charbonnier précise que l’OCDE et la Commission européenne travaillent à intégrer, dans leurs prochains rapports, à la fois les chiffres corrigés et non corrigés. Il estime que cela met en lumière la nécessité de repenser l’utilisation des ressources pour réduire le déficit du système.
Examen des dépenses et des défis de l'enseignement secondaire en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



