Une clé USB contaminée a infecté les réseaux du Pentagone en 2008, révélant les failles dans la gestion des données militaires en Afghanistan.
Une clé USB contaminée a infecté les réseaux du Pentagone
Une clé USB contaminée a suffi à infecter les réseaux du Pentagone en 2008, selon un ancien membre de l'US Air Force. La faille existait dans les bases américaines en Afghanistan, où des pilotes transportaient les données de mission sur des clés USB achetées dans des boutiques de Kaboul.Les clés USB donnaient accès aux systèmes classifiés
Ces mêmes appareils passaient des ordinateurs ordinaires aux systèmes classifiés, puis aux avions eux-mêmes, offrant ainsi des points d'entrée vers les secrets militaires. Cette situation présentait un risque : des informations sensibles pouvaient être consultées ou compromises par l'intermédiaire de ces appareils non sécurisés.Les clés USB ont remplacé les CD pour le transfert de données
Au début des années 2000, les équipages enregistraient les informations de vol sur des CD, qui passaient d'abord par un poste non classifié, puis rejoignaient un système classifié où le personnel militaire achevait la planification, avant d'être finalement embarqués à bord des avions pour guider le pilote et signaler les menaces attendues sur la route. Les clés USB ont ensuite remplacé les disques, sans modifier ce processus.Les soldats préféraient les achats locaux aux fournisseurs officiels
Le problème tenait surtout à l'approvisionnement. Importer du matériel informatique depuis les États-Unis demandait bien plus d'efforts qu'un achat sur place ; les soldats s'approvisionnaient donc auprès de commerçants afghans, loin des fournisseurs officiels de l'armée. Selon The Register, Justin Henkel a négocié des lots de cent unités. Ce spécialiste dirige aujourd'hui la cybersécurité de l'éditeur SolarWinds.Les ennemis ont exploité la faille
Les ennemis des États-Unis ont rapidement repéré cette vulnérabilité et ont distribué des clés USB infectées à des revendeurs locaux de la région. Henkel a bien tenté d'alerter sa hiérarchie, mais les détails complets de ses démarches n'ont pas été rendus publics.