La Normandie compte un seul maire d'extrême droite officiellement reconnu

En Normandie, un seul maire est officiellement reconnu comme étant d'extrême droite : Tony Leprêtre, maire de Harfleur, en Seine-Maritime. Il est membre du mouvement Les Patriotes, fondé par l'ancien député FN Florian Philippot. Cependant, de nombreux autres maires de petites communes ne sont pas officiellement affiliés à l'extrême droite, mais sont soupçonnés de soutenir discrètement ses idées.

Alliances informelles d'extrême droite dans la politique locale

Officieusement, de nombreux maires de petites et très petites communes de Normandie sont soupçonnés de soutenir les idées d'extrême droite sans être affiliés à un parti. Ils affirment souvent être « sans étiquette ». Le Poulpe, un média local d'investigation, s'emploie à mettre au jour ces alliances cachées dans le cadre d'une initiative intitulée « On a déjà essayé », réalisée avec sept médias locaux indépendants.

Le soutien de l'extrême droite au Sénat

Au Sénat, le Rassemblement national (RN) pourra former un groupe avec ses alliés de l'Union de la droite (UDR), dirigée par Éric Ciotti, à la suite des élections sénatoriales de fin septembre. L'élection de Léon Levasseur, premier sénateur RN de Normandie, marque une étape importante pour la présence locale du parti.

Maires « sans étiquette » et liens avec l'extrême droite

De nombreux maires qui se disent « sans étiquette » entretiennent des liens avec des députés d'extrême droite. Par exemple, Timothée Houssin, député RN de l'Eure, a été condamné en juillet pour détournement de fonds liés aux assistants RN au Parlement européen. Il a été photographié aux côtés de maires sans étiquette et les a publiquement remerciés pour leur accueil.

Personnalités d'extrême droite et maires sans étiquette

Dans l'Eure, le maire de Harquency, Francis Sauvalle, a publié un message provenant de la page Soral Kulture après avoir rencontré le parlementaire d'extrême droite Alain Soral, connu pour ses positions antisémites. En Seine-Maritime, le député RN Patrice Martin a remis une médaille à un maire sans étiquette, Jacky Baudon, qui a été réélu peu après. Cela montre à quel point les maires sans étiquette peuvent être étroitement associés à des figures de l'extrême droite.

Soutiens à des candidats d'extrême droite

Selon le Conseil constitutionnel, le bloc nationaliste a recueilli 138 parrainages de maires et d'adjoints au maire pour l'élection présidentielle de 2022. La Manche, la Seine-Maritime et le Calvados comptaient le plus grand nombre de parrainages. Ces soutiens provenaient principalement d'hommes de plus de 65 ans, les agriculteurs et anciens agriculteurs représentant une part importante du groupe.

Maires et soutiens futurs possibles

Certains maires qui ont apporté leur parrainage à des candidats d'extrême droite en 2022 pourraient à nouveau soutenir des candidats similaires à l'avenir. Par exemple, Romain Bail, maire d'Ouistreham, a parrainé Éric Zemmour en 2022, malgré les propos racistes tenus par ce dernier. Il a décrit son soutien comme une manière de permettre la libre expression de la démocratie.

Les changements stratégiques de l'extrême droite

Avec le changement de présidence du parti en 2011, l'extrême droite a modifié sa stratégie. Marine Le Pen a cherché à obtenir le soutien de maires et de conseillers municipaux afin d'atteindre le seuil des 500 parrainages. Certains maires ont depuis rejoint le RN, comme Pascal Cotard, qui a surpris les habitants de sa commune en adhérant au parti peu après son élection.

Des maires rejoignent l'extrême droite après les élections

Dans la Manche, certains maires ont rejoint le RN après les élections municipales. Franck Simon, délégué départemental du RN, souligne que beaucoup de ces maires viennent de petites communes et soutenaient auparavant la droite. Dans l'Orne, Jean-Édouard Gueugnon, nouveau maire, a un passé d'affiliations d'extrême droite, bien qu'il se dise désormais « sans étiquette ».

Les positions ambiguës de certains maires

Tony Leprêtre, maire de Harfleur, se dit « sans étiquette », mais a publié des déclarations sceptiques sur le climat et critiqué les parcs éoliens. Son cabinet n'a pas répondu aux questions concernant ses affiliations politiques. Des chercheurs estiment que les maires sans étiquette peuvent rejoindre des groupes d'extrême droite sous l'influence d'organisations locales et de la présence de députés d'extrême droite dans leurs territoires.