Le pari de Macron de faire barrage au RN échoue

En 2017, Emmanuel Macron s'était engagé à s'opposer au Rassemblement national (RN). Pourtant, après la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024, le RN est devenu le premier groupe parlementaire. Cette nouvelle position permet au parti de faire avancer son programme en l'absence de majorité claire.

Barnier recule sur le remboursement des médicaments

En décembre 2024, le Premier ministre Michel Barnier a renoncé à son projet de réduire les remboursements de médicaments dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Perçue comme une concession, cette décision a irrité le RN, qui a menacé de censurer le gouvernement sur ce sujet.

Matignon envoie un message au RN

Un communiqué de Matignon a salué Marine Le Pen, laissant entendre que l'approbation de son parti est indispensable à toute action législative. Ce message a suivi un appel téléphonique au cours duquel Marine Le Pen aurait rappelé à Michel Barnier l'influence du RN.

La gauche accuse Barnier de trahison

Le député socialiste Arthur Delaporte a critiqué Michel Barnier pour ce qu'il a qualifié de « rupture républicaine majeure ». Selon la gauche, la volonté de Michel Barnier de négocier avec le RN fragilise les principes du front républicain, qui avait auparavant permis à des députés du centre de se faire réélire.

L'influence du RN grandit malgré les concessions

Malgré les concessions de Michel Barnier, Marine Le Pen a décidé de s'opposer à lui, ce qui laisse penser que l'influence de son parti n'était pas totalement acquise. Des critiques, comme le député MoDem Erwan Balanant, ont qualifié l'approche de Michel Barnier de naïve et ont souligné la brièveté de son mandat de Premier ministre.

L'engagement anti-extrémisme de Macron échoue

En 2017, Emmanuel Macron avait promis d'empêcher les électeurs de soutenir l'extrême droite. Pourtant, le nombre de députés du RN a fortement augmenté, atteignant 121 à l'Assemblée nationale après la dissolution de 2024. Cela traduit la montée en puissance politique du parti.

Lecornu cherche le soutien du RN pour le budget 2027

Sébastien Lecornu, le nouveau Premier ministre, tente de faire adopter le budget 2027 avec l'aide des députés du RN. Il a abandonné les accords précédemment conclus avec les socialistes et compte désormais sur la coopération du RN, malgré les risques politiques que cela comporte.

Le RN obtient des concessions dans le PLFSS

Le PLFSS prévoit un délai de carence d'un an pour les prestations familiales versées aux étrangers, une mesure que le RN a qualifiée de « victoire idéologique ». Des critiques estiment que cela traduit une acceptation croissante de la rhétorique anti-immigration dans la vie politique française.

Le RN cible le financement écologique

Le Rassemblement national a demandé des coupes dans les crédits de l'Agence de la transition écologique (Ademe), dont le financement a été réduit de 350 millions d'euros. Cette mesure s'inscrit dans l'agenda anti-écologiste plus large du parti et témoigne de son influence grandissante sur les orientations politiques.

La stratégie à long terme du RN

Marine Le Pen reconnaît que le gouvernement pourrait contourner l'Assemblée nationale pour faire adopter le budget. Elle insiste toutefois sur la possibilité de le réviser ultérieurement, afin que son parti reste un acteur clé dans la définition des politiques à venir.