Les entreprises familiales françaises optent pour les sous-licenciements afin de préserver leur réputation, malgré les difficultés économiques.
Les sureffectifs temporaires dans les entreprises familiales françaises
Une vague de plans de restructuration refait surface en France, certaines entreprises familiales choisissant les « sous-licenciements » plutôt que les licenciements massifs. Les sous-licenciements consistent à conserver davantage de salariés que ne le justifierait la situation économique, dans le but de préserver la réputation de la famille.Définition des sous-licenciements
Il y a sous-licenciement lorsqu'une entreprise réduit ses effectifs, mais pas autant que ne l'exigerait son déclin économique. Par exemple, si une entreprise prévoit de supprimer 100 emplois mais n'en supprime que 30, elle conserve 70 salariés de plus que ne le laisserait penser sa situation. Cette pratique se distingue de l'absence totale de licenciements.Entreprises familiales et sous-licenciements
Une étude portant sur les entreprises françaises cotées à l'indice SBF 120 entre 2005 et 2021 montre que les sous-licenciements sont plus fréquents dans les entreprises familiales. Ces sociétés privilégient souvent la préservation de leur réputation et de leur identité à une efficacité financière stricte.Raisons des sous-licenciements
Maintenir un effectif plus nombreux que ne le requiert la situation économique peut sembler paradoxal. Cela revient à continuer de verser des salaires qui ne sont pas pleinement justifiés par l'activité de l'entreprise. Pour les entreprises familiales, toutefois, la société représente souvent bien plus qu'un investissement : elle incarne aussi l'identité, l'histoire et la réputation de la famille.Coûts réputationnels des licenciements
Les licenciements peuvent nuire à l'image d'une entreprise, en particulier lorsque la réputation de la famille est étroitement liée à l'activité. En conservant ses salariés, la famille peut protéger sa position et son prestige. C'est particulièrement vrai lorsque la famille détient davantage de pouvoir de décision que de capital.Coûts partagés des sous-licenciements
Si la famille tire profit de la préservation de sa réputation, la charge financière liée au maintien d'effectifs supplémentaires est en revanche supportée par les autres actionnaires. Plus l'influence de la famille excède sa part du capital, plus les sous-licenciements sont susceptibles de se produire.Conséquences économiques des sous-licenciements
Les sous-licenciements ne sont ni intrinsèquement bons ni mauvais. À court terme, ils contribuent à préserver l'emploi et la réputation de l'entreprise. Mais à long terme, le maintien d'un effectif supérieur aux besoins de l'entreprise peut nuire à sa rentabilité et affaiblir sa capacité à pérenniser l'emploi. Il en résulte un paradoxe : protéger un actif immatériel comme la réputation peut mettre en péril l'avenir économique de l'entreprise.