L’administration Trump a soutenu que son implication en Amérique latine était nécessaire pour renforcer son influence sur l’« hémisphère occidental », un terme souvent utilisé pour désigner la région composée de l’Amérique du Nord et de l’Amérique du Sud. Depuis le retour de l’ancien président Donald Trump à la Maison-Blanche en 2021, plusieurs élections présidentielles récentes en Amérique latine ont vu la victoire de candidats de droite ou d’extrême droite, s’alignant sur les objectifs stratégiques de l’administration américaine. En Bolivie, au Chili, en Colombie, au Costa Rica, en Équateur, au Honduras et au Pérou, ces candidats ont remporté les scrutins, ce qui pourrait appuyer la direction politique plus large que les États-Unis promeuvent dans la région. Au Brésil, le premier tour de l’élection présidentielle, qui s’est tenu dimanche 4 octobre, oppose de manière significative Luiz Inácio Lula da Silva, le président sortant, à Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, connu pour ses positions d’extrême droite. Ce scrutin représente un moment charnière pour le Brésil, car il pourrait déterminer la trajectoire politique du pays dans les années à venir. L’affrontement s’inscrit dans un contexte d’électorat profondément divisé, de nombreux électeurs devant choisir entre un retour aux politiques progressistes de Lula ou la poursuite d’un agenda plus conservateur associé à la famille Bolsonaro. Le politologue Frédéric Louault souligne que, sous la surface de cette apparente polarisation politique, d’autres motivations entrent en jeu. Il note que si l’élection est perçue comme un duel entre gauche et droite, elle reflète aussi des aspirations et des préoccupations sociétales plus larges. Le résultat du scrutin pourrait avoir des répercussions majeures sur le paysage politique brésilien et ses relations avec le reste du monde. Louault met également en garde contre les risques de tendances autoritaires au Brésil, en particulier si un candidat d’extrême droite devait accéder au pouvoir. Il avertit qu’un tel scénario pourrait entraîner une concentration du pouvoir et un affaiblissement des contre-pouvoirs démocratiques. À l’approche du scrutin, analystes et citoyens suivent de près l’évolution de la situation, conscients que le résultat pourrait façonner l’avenir du Brésil pour de nombreuses années.