Fading Echo fait une entrée presque discrète sur Nintendo Switch 2. Le jeu est développé par Emeteria, un studio français pour lequel il s'agit de sa première production. L'édition est assurée par Critical Leap, la branche éditoriale de Nuuvem, ainsi que par New Tales et Com2uS Holdings selon les territoires. Le titre a déjà suscité de l'engouement avant sa sortie en apparaissant à des événements comme le Summer Game Fest, notamment grâce à une distribution vocale de choix. Dans sa version originale en anglais, il met en vedette des acteurs de Critical Role, ainsi que des noms comme Samantha Béart (Karlach dans Baldur's Gate 3) et Laura Bailey (Abby dans The Last of Us Part II). Pour la version brésilienne, ce sont des voix célèbres telles que Guilherme Briggs, Carol Valença, Flávia Saddy et Reginaldo Primo qui prêtent leurs talents. En revanche, le jeu ne propose pas de doublage en français.
Dans Fading Echo, on incarne One, une jeune femme qui voyage avec sa mère, Rahne. Leur périple prend un tournant lorsqu'elles sont aspirées dans une dimension alternative. C'est là qu'One découvre qu'elle possède des capacités latentes, notamment celle de se transformer en une petite goutte d'eau. Le monde de Corel se désagrège sous l'effet de la Corruption du Paradoxe, une malédiction qui fracture la réalité en plusieurs versions parallèles. L'objectif est simple à énoncer, mais complexe à atteindre : activer les quatre Sources d'Éther disséminées à travers le monde afin de restaurer l'énergie naturelle de Corel et repousser la corruption. Pour y parvenir, on peut compter sur l'aide de Vellum, une entité artificielle qui nous guide, ainsi que sur les conseils de notre mère. Le principal antagoniste, Maddock, responsable du Paradoxe, ne nous facilitera pas la tâche et n'hésitera pas à tenter de nous détruire.
L'histoire est principalement racontée à travers des cinématiques au style bande dessinée, réalisées avec le moteur du jeu, ainsi que par des dialogues entre les personnages. Le ton est souvent léger, avec un humour parfois proche de celui des productions Marvel, ce qui peut plaire ou agacer. La dimension écologique est bien présente, mais le récit n'est pas le point fort du titre. On a l'impression qu'il sert surtout de prétexte pour justifier l'exploration et les mécaniques de jeu. Certains personnages secondaires, comme un homme nommé Bob qui se présente comme un guide mais ne fournit jamais d'informations réellement utiles, semblent plus décoratifs que tout le reste. L'antagoniste, quant à lui, est rarement présent à l'écran, ce qui rend les enjeux émotionnels moins tangibles.
Le jeu est un action-platformer en 3D qui s'inspire de la génération PS2/GameCube, avec un mélange de combats endiablés et de plates-formes exigeantes. Pourtant, ce qui surprend dans ce titre, c'est son utilisation des éléments.
On peut se transformer à volonté en une goutte d'eau. Sous cette forme, on a la capacité de se faufiler à travers les grilles, d'emprunter des tuyaux, de laisser une traînée de matière au sol, de ramasser des objets et surtout d'absorber les propriétés des autres éléments présents dans l'environnement. Quatre d'entre eux sont au cœur du système : l'eau, la lave, les déchets toxiques et la Corruption du Paradoxe. Chacun possède des propriétés uniques qui modifient à la fois notre façon de nous déplacer et notre approche des combats.
En touchant la lave, on se transforme en vapeur, ce qui permet de planer sur de longues distances. Les déchets toxiques offrent un saut puissant, idéal pour atteindre des zones en hauteur. La corruption permet de définir un point de téléportation auquel on peut revenir dans une certaine limite de distance. L'eau, quant à elle, recharge nos capacités et peut solidifier les ennemis de feu.
Ces éléments ne sont pas de simples outils de traversée, ils sont également au cœur du système de combat. Les ennemis sont souvent immunisés contre un élément et vulnérables à un autre. Par exemple, un ennemi de lave sera gelé s'il est aspergé d'eau, le rendant vulnérable à seulement trois coups. Un rival toxique sera affaibli par l'eau, tandis qu'un ennemi de la corruption subira des dégâts accrus contre certains éléments. On peut aussi projeter les ennemis dans des flaques d'éléments pour leur infliger des dégâts, ou simplement les pousser du bord d'une corniche d'un coup de pied bien placé, une technique particulièrement agréable qui déclenche une animation à la Tex Avery.
Le système de combat reste relativement simple. On dispose d'un combo de base et d'un coup de pied qui envoie les ennemis valdinguer. Une attaque spéciale permet de créer une explosion ou une vague d'eau. Au fil de la progression, on débloque de nouvelles compétences via un arbre de talents, mais celles-ci restent majoritairement passives : plus de points de vie, des effets prolongés, des dégâts augmentés. On peut aussi récupérer des points de compétence en remplissant une jauge verte, que l'on dépense ensuite dans le bastion central. Il est possible de réinitialiser ces points à tout moment, ce qui encourage l'expérimentation.
Les énigmes reposent également sur cette mécanique élémentaire. Il est souvent nécessaire de transporter des orbes élémentaires, d'activer des interrupteurs dans un temps limité, ou d'utiliser des portails pour passer d'une dimension à l'autre afin de résoudre des énigmes qui seraient insolubles dans une seule réalité. Certaines zones exigent d'enchaîner les transformations et de jongler entre les éléments pour avancer. C'est souvent ingénieux, parfois exigeant, et toujours satisfaisant lorsque la solution est trouvée.
La maniabilité est généralement bonne. Les mouvements d'One, qu'elle soit sous sa forme humaine ou en goutte d'eau, sont fluides et réactifs. Les animations sont bien réalisées, ce qui rend les sauts et les déplacements agréables. La transformation en goutte d'eau est instantanée et intuitive, et on s'habitue rapidement à alterner entre les formes pour résoudre des énigmes ou se déplacer plus rapidement.
Cependant, quelques ombres au tableau viennent ternir le tableau. La caméra, d'abord, est un objet physique dans le jeu, ce qui signifie qu'elle peut entrer en collision avec les murs et se bloquer sur le personnage, nous forçant parfois à combattre à l'aveugle pendant quelques secondes. L'absence de verrouillage de cible se fait aussi sentir lors des combats plus chaotiques. Enfin, l'absence de carte est un vrai problème. Le monde est relativement ouvert, et les zones se ressemblent beaucoup, ce qui rend facile de se perdre. On erre parfois pendant de longues minutes à chercher un objectif ou un passage, ce qui brise le rythme de l'aventure. Cela est d'autant plus frustrant que les énigmes et les combats, eux, sont très agréables.
La bande-son de Fading Echo est à la hauteur de ses ambitions. Les musiques, flottantes et oniriques, accompagnent l'exploration des différentes dimensions. Elles ne sont peut-être pas assez marquantes pour rester en mémoire des heures après avoir posé la manette, mais elles remplissent parfaitement leur rôle.
L'atout sonore réel du jeu réside dans sa distribution vocale. Les acteurs livrent des performances convaincantes qui donnent vie aux personnages. La relation entre One et Vellum, l'IA qui l'accompagne, est particulièrement bien servie par les dialogues et l'interprétation. On ressent le regret de Vellum pour ses actes passés, et l'incertitude d'One face au fardeau qu'elle doit porter. Ces échanges apportent une profondeur bienvenue à une histoire qui, sans eux, aurait pu paraître assez plate. Il est à noter que, bien que le doublage anglais soit de haute qualité, l'absence de version française pourrait décevoir certains joueurs francophones, même si les textes sont traduits.
Visuellement, Fading Echo possède une forte identité. Le style cel-shaded, proche de celui de Borderlands avec des contours marqués et des couleurs vives, fonctionne très bien pour dépeindre un monde fracturé et mourant. Les environnements, bien que parfois répétitifs, bénéficient d'une palette de couleurs vibrantes qui contraste avec les textures plus neutres des décors. Les effets élémentaires, notamment ceux de l'eau et de la lave, sont particulièrement réussis et ajoutent une touche de dynamisme bienvenue.
La longue chevelure lumineuse d'One est un régal visuel et permet de garder le personnage à l'écran, même dans les moments les plus chaotiques. Les différentes dimensions offrent des panoramas variés, allant de paysages désolés à des environnements plus luxuriants, même si, là encore, la ressemblance entre certaines zones peut prêter à confusion.
Fading Echo propose une campagne d'environ dix à douze heures, ce qui est parfaitement acceptable pour un jeu indépendant de cette envergure. On peut choisir l'ordre dans lequel explorer les quatre zones principales (le Cindervault, les Æthermines, la Bone Spire et le Ygdran Hollow), ce qui offre une certaine liberté. Des marqueurs de téléportation permettent de revenir au bastion central et de commencer à explorer une autre région si l'on se sent bloqué ou si l'on souhaite varier les plaisirs.
Le jeu propose également un système de progression avec des points de compétence à dépenser, des coffres à trouver et des améliorations cachées à découvrir. Cependant, une fois la campagne terminée, il y a peu de raisons d'y revenir. La plupart des succès consistent à revisiter des zones pour écouter des dialogues supplémentaires ou trouver des artefacts, et l'absence de véritables combats de boss (le titre ne propose que des vagues d'ennemis scriptées) limite l'intérêt d'une rejouabilité. On note aussi que le bestiaire est assez répétitif, chaque nouvel ennemi étant souvent une version améliorée du précédent.
Fading Echo fait ses débuts sur Nintendo Switch 2 avec un gameplay élémentaire et le premier titre d'un studio français
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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