Une nouvelle expérimentation française permet la redistribution limitée de médicaments anticancéreux inutilisés à partir de 2027, avec des règles strictes de sécurité et de traçabilité.
Régulation des médicaments inutilisés proposée
Un projet de décret vise à créer une expérimentation encadrant la redistribution des médicaments inutilisés. Cette initiative doit être approuvée par le Conseil d'État et débutera le 1er janvier 2027, pour une durée de trois ans. Elle concerne les médicaments anticancéreux oraux collectés et redistribués par les pharmacies à usage intérieur (PUI), dans le cadre d'Ecomed et sous la direction d'Unicancer et de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (CLCC).Règles strictes pour la collecte des médicaments
Le projet définit des critères de collecte stricts et des contrôles pharmaceutiques, garantissant que les médicaments sont présentés dans un emballage « intact, inviolable et parfaitement identifiable ». Les médicaments sensibles à la lumière ou à l'humidité doivent avoir des plaquettes intactes, tandis que les autres peuvent avoir un conditionnement secondaire ouvert, à condition qu'il soit complet. Les informations de traçabilité doivent être lisibles, et les médicaments doivent avoir une date de péremption suffisamment éloignée. La collecte doit intervenir dans les trois mois suivant la délivrance initiale, et un questionnaire standardisé permettra de vérifier que les conditions de conservation ont été respectées.Redistribution encadrée par le pharmacien
La redistribution des médicaments collectés sera gérée par un pharmacien identifié de la PUI. Les médicaments ne peuvent être redistribués qu'une seule fois, soit à un patient hospitalisé, soit par rétrocession. Une évaluation pharmaceutique documentée doit confirmer l'absence de risque, et les patients doivent être informés afin de pouvoir faire un choix éclairé. Les refus seront consignés dans un document défini par décret, tandis que l'absence d'opposition explicite sera mentionnée dans le dossier médical partagé (DMP) du patient. Chaque PUI devra mettre en place un système d'assurance qualité, et les professionnels seront formés pour signaler tout effet indésirable.Suivi et évaluation du programme
Un comité de pilotage, présidé par le ministère de la Santé, se réunira au moins deux fois par an pour suivre le programme. Il réunira les établissements participants, les fédérations hospitalières, les professionnels et les représentants des usagers. Le programme pourra être suspendu en cas de difficultés. Un comité indépendant évaluera le rapport bénéfice-risque, les événements indésirables, l'équilibre économique et l'impact environnemental, au moyen d'une analyse du cycle de vie (ACV). Le rapport final guidera le ministère dans sa décision de généraliser, prolonger ou mettre fin au programme.Aucune redistribution au niveau municipal prévue
L'initiative proposée ne prévoit aucune redistribution à l'échelle de la ville. Les pharmacies collecteront les médicaments inutilisés par l'intermédiaire de Cyclamed, sans intervenir dans leur utilisation ultérieure. Muriel Dahan, directrice de la recherche et du développement chez Unicancer, a indiqué dans un entretien accordé au Moniteur des pharmacies que les pharmaciens pourraient à terme être associés, à condition que des garanties strictes de qualité, de sécurité et de traçabilité soient maintenues.