Les boîtes violettes gagnent du terrain dans les pharmacies

Les boîtes violettes, lancées en 2022 par l'éco-organisme Dastri, sont conçues pour collecter les dispositifs médicaux contenant de l'électronique en vue de leur recyclage. Ces boîtes visent spécifiquement les déchets de soins infectieux et s'inscrivent dans un effort plus large de gestion plus durable des déchets médicaux.

Les taux d'adoption varient selon les régions

Selon la 13e édition du baromètre Ifop-Dastri, publiée le 16 octobre, 60 % des pharmaciens proposent désormais les boîtes violettes, soit 7 points de plus qu'en 2024. Toutefois, seuls 37 % le font systématiquement, et 20 % ne les fournissent que sur demande du patient. Les différences régionales sont importantes : 75 % des pharmaciens du Nord-Ouest proposent les boîtes, contre 37 % en Île-de-France et 32 % en outre-mer.

Les lacunes en matière de connaissances freinent un usage correct

Malgré la disponibilité croissante des boîtes violettes, la connaissance du bon tri reste un défi. Si 71 % des pharmaciens savent que les pompes à patch doivent être déposées dans la boîte violette, seuls 19 % orientent correctement les patients utilisant des injecteurs corporels, comme le Skyrizi d'AbbVie, vers cette même boîte. Beaucoup recommandent encore la boîte jaune pour ces dispositifs, ce qui conduit à leur incinération au lieu de leur recyclage.

Le programme Recypen prometteur

Le programme expérimental Recypen, lancé en janvier 2026 pour recycler les stylos d'insuline sans aiguille de laboratoires tels que Lilly France, Sanofi et Pfizer, rencontre un fort soutien. Quatre-vingt-deux pour cent des pharmaciens souhaitent que le programme se poursuive après sa période d'essai, qui prendra fin en septembre 2027. Cependant, seuls 37 % des pharmaciens proposent actuellement les boîtes violettes pour les stylos d'insuline.

La fréquence des collectes augmente

Laurence Bouret, déléguée générale de Dastri, souligne que le nombre de pharmacies participant au programme des boîtes violettes est passé de 7 800 en 2025 à 19 000 aujourd'hui. Si 40 % des pharmacies ne demandent qu'une collecte par an et 30 % en demandent deux, cinq collectes ont été proposées depuis 2025, ce qui montre que les boîtes ne créent pas d'encombrement malgré la diversité croissante des dispositifs collectés.

Des efforts pour simplifier la gestion des déchets

Mme Bouret évoque également le projet de simplifier la collecte des boîtes jaunes et violettes à partir de 2027 dans certaines zones, avec pour objectif une mise en œuvre à terme à l'échelle nationale. Cette démarche intervient alors que les pharmaciens cherchent des moyens plus sûrs et plus efficaces de stocker les déchets médicaux, afin de réduire le risque d'encombrement au sol.

Les boîtes jaunes restent largement disponibles

Treize ans après l'introduction du système de boîtes jaunes pour les objets tranchants et autres déchets médicaux, 90 % des pharmaciens proposent désormais ces boîtes aux patients, soit une hausse de 5 points par rapport à 2025. Les trois quarts d'entre eux le font systématiquement, même si la disponibilité est plus faible dans les territoires d'outre-mer et dans les pharmacies sans collecte, avec respectivement 77 % et 71 %.

Une enquête met en lumière des défis persistants

Le baromètre Ifop-Dastri a été réalisé par téléphone auprès de 556 pharmaciens entre le 18 et le 27 août 2026. Les résultats reflètent à la fois les progrès de la gestion des déchets médicaux et les difficultés persistantes à assurer une adoption uniforme et un usage correct des systèmes de recyclage sur l'ensemble du territoire.