La France libère 10 millions de barils de réserves de carburant pour lutter contre la hausse des prix du diesel, mais leurs effets ne se feront sentir que dans plusieurs semaines.
Libération des réserves de carburant
Le gouvernement français a décidé de libérer 10 millions de barils de ses réserves stratégiques de carburant afin de contribuer à faire baisser les prix du gazole, qui ont grimpé en raison du conflit en cours en Iran et d'autres facteurs.Baisse de prix attendue
Roland Lescure, ministre de l'Économie, a déclaré que la libération de ces réserves, stockées dans le Sud-Ouest depuis des décennies, devrait réduire les prix à la pompe de 12 à 18 centimes d'euro par litre. Toutefois, plusieurs semaines seront nécessaires avant que le carburant ne soit disponible sur le marché.Plan de distribution du carburant
Selon Roland Lescure, le carburant sera acheminé vers les stations isolées et sera commercialisé à partir du mois de novembre, à des prix inférieurs aux prix actuels du gazole. Cette mesure vise à apporter un certain soulagement aux consommateurs des zones où l'accès au carburant est limité.Hausse des prix du gazole
Au dimanche 11 octobre, le prix moyen du gazole en France dépassait 2,30 euros le litre, une station alsacienne affichant même plus de 3 euros. Ces prix élevés préoccupent de plus en plus les consommateurs comme le gouvernement.Pas de gazole russe à l'horizon
Roland Lescure a également évoqué l'impact potentiel d'un éventuel accord entre Washington et Moscou pour l'achat de gazole russe. Il a affirmé qu'il n'y a pas de gazole russe en France et qu'il n'y en aura pas, la France souhaitant prolonger les sanctions contre la Russie plutôt que les réduire.Un budget qualifié d'ambitieux
Concernant le budget présenté par son équipe, Roland Lescure a qualifié ce choix d'« ambitieux », avec une baisse du déficit primaire, hors charge de la dette, de 2,8 % à 2,1 %, pour un déficit annuel global de 5 %. L'adoption du budget se heurte toutefois à des obstacles.Les difficultés d'adoption du budget
La commission a déjà rejeté la partie recettes du budget. Faute d'adoption par un vote ordinaire, le gouvernement pourrait choisir de le promulguer par ordonnances et de faire adopter le budget dans sa version initiale, sans débat. Roland Lescure a averti l'opposition que si elle ne parvenait pas à rester sur la « trajectoire », cela conduirait au recours aux ordonnances.Critique du contre-budget du Rassemblement national
Roland Lescure a critiqué le contre-budget du Rassemblement national, s'interrogeant sur la manière dont on pourrait imaginer économiser 3 milliards d'euros sur les retraites en abaissant l'âge de départ à 62 ans. Selon lui, ses auteurs « ne savent pas compter » et « mentent aux Français ».Plaidoyer pour le dialogue
Il a plaidé pour un dialogue avec la droite républicaine et les socialistes, tout en reconnaissant que les primaires à gauche pourraient compliquer certains débats. Il a aussi évoqué la possibilité de demander aux retraités de contribuer davantage, affirmant que 25 % des Français sont retraités et qu'on leur demande de fournir 10 % des efforts.Mesures impopulaires et tensions politiques
Roland Lescure a insisté sur le fait que chacun doit participer à l'effort national, tout en assurant qu'il ne souhaite réduire aucune pension. Il veut plutôt s'attaquer à l'exonération fiscale des frais professionnels dont bénéficient les retraités, voire à la désindexation de leurs pensions par rapport à l'inflation. Ces mesures sont considérées comme très impopulaires, d'autant que les échéances électorales approchent, alors même qu'il reconnaît que cette partie de la population représente « 40 % de l'électorat ». Les débats d'automne s'annoncent déjà tendus.