L’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), un organisme français dédié à l’archéologie, utilise des méthodes de détection géophysique pour appuyer la recherche archéologique. Créée en 2015, l’unité géophysique de l’institut compte trois géophysiciens spécialisés en archéologie et dix-neuf agents de terrain formés à l’acquisition des données, répartis sur l’ensemble du territoire français. Depuis sa création, cette unité a mené à bien 550 études, dont 460 ont été réalisées depuis 2015. Elle recourt à plusieurs techniques géophysiques, comme les méthodes électrique, magnétique, radar et électromagnétique basse fréquence, chacune étant adaptée à la détection de différents types de vestiges archéologiques. La méthode électrique consiste à injecter un courant électrique dans le sol afin de repérer les anomalies de résistivité, qui peuvent signaler la présence de vestiges durs tels que des murs ou des fondations. La méthode magnétique mesure le champ magnétique terrestre pour identifier les contrastes de magnétisation, utiles pour détecter des vestiges creux ou des structures chauffées. Les méthodes radar offrent une haute résolution spatiale et sont particulièrement efficaces en milieu urbain, où les revêtements durs n’affectent pas les mesures. La méthode électromagnétique basse fréquence sert à caractériser la géomorphologie et à repérer des zones de forge sur des surfaces dégagées. L’Inrap a développé un plug-in open source pour QGIS, baptisé Archaeological Geophysics Toolbox (AGT), destiné au traitement des données issues de différentes prospections géophysiques. Par ailleurs, le projet ArchEM vise à mettre en œuvre des méthodes électromagnétiques basse fréquence pour l’étude des structures archéologiques, dans le but de démontrer leur potentiel en archéologie préventive. Ces outils et projets permettent aux archéologues de mieux comprendre et préserver les sites historiques sans recourir à des fouilles invasives. L’imagerie multispectrale constitue une autre technique explorée par l’institut. Elle utilise des bandes spécifiques du spectre lumineux pour fournir des images complémentaires des sites archéologiques. Cette méthode permet de détecter des signatures anthropiques telles que des phosphates, des zones chauffées ou des micro-déchets ferreux, souvent invisibles à l’œil nu. L’Inrap poursuit ses recherches et le développement de ces méthodes géophysiques dans le cadre de divers projets et collaborations, afin d’améliorer la précision et l’efficacité des investigations archéologiques.