L'archéologie subaquatique et sous-marine se concentre sur la découverte et l'étude des vestiges fabriqués par l'homme préservés sous l'eau, comme les épaves, les ponts anciens et les structures portuaires. Ces sites offrent des indices précieux sur les activités humaines passées, les migrations et la manière dont les sociétés interagissaient avec les milieux aquatiques. En France, l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) dispose d'une équipe spécialisée dédiée à la réalisation de travaux d'archéologie subaquatique et sous-marine, tant en eaux douces que marines, sur l'ensemble du territoire. Dans le domaine des eaux douces, qui inclut les fleuves et les lacs, les services régionaux d'archéologie (SRA) supervisent les évaluations archéologiques préalables à tout chantier ou aménagement. Dans la zone salée, s'étendant jusqu'à 24 milles marins des côtes, c'est le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) qui encadre ces opérations. L'Inrap est chargé de réaliser les prospections sous-marines et peut être sollicité pour mener des fouilles. L'Institut peut également être missionné par le ministère de la Culture pour apporter une expertise archéologique in situ dans le cadre de projets offshore, sous couvert d'accords avec le Drassm. La division subaquatique de l'Inrap, créée en 2011 et pleinement opérationnelle en 2019, fait partie de la Direction scientifique et technique de l'Institut. Elle est composée d'une équipe permanente d'archéologues et de techniciens de plongée répartis dans différentes régions. Tous les personnels intervenant dans les travaux sous-marins disposent d'un certificat d'aptitude hyperbare, leur permettant d'intervenir jusqu'à 50 mètres de profondeur, selon leurs qualifications. La sécurité est encadrée par le code du travail, avec un responsable des opérations hyperbares assistant le directeur scientifique lors des plongées pour garantir la sécurité des plongeurs. Pour détecter et cartographier des vestiges immergés invisibles depuis la surface, l'Inrap utilise de plus en plus des techniques de levé hydrographique et de télédétection. Parmi ces méthodes figurent la bathymétrie multifaisceaux, qui permet de créer des cartes sous-marines détaillées, et la détection magnétométrique, qui identifie les objets métalliques enfouis. L'Inrap collabore également avec sa cellule géophysique pour explorer des technologies alternatives dans des environnements complexes, comme les eaux très peu profondes. Une fois les anomalies repérées, des plongées humaines ou robotisées sont effectuées pour évaluer et documenter les découvertes. Les plongeurs-archéologues utilisent des outils spécialisés, comme des aspirateurs à sédiments, pour dégager et enregistrer soigneusement les vestiges, qui sont ensuite documentés à l'aide de techniques similaires à celles employées sur terre ferme, comme les relevés topographiques et les reconstructions en 3D. Lorsque la profondeur de l'eau ou l'accès est trop difficile pour les plongeurs, un robot sous-marin, appelé véhicule télécommandé (ROV), peut être utilisé à la place. Ces interventions sont menées par un archéologue et un pilote de ROV, qui exploitent les flux vidéo pour examiner et prélever des échantillons. Toutefois, les tâches plus complexes, comme le forage ou la fouille, nécessitent encore l'intervention de plongeurs humains et restent limitées par les contraintes du milieu sous-marin. En plus de l'équipement de plongée standard, la division subaquatique de l'Inrap dispose d'outils permettant un déploiement rapide tant en eaux douces que côtières. Pour les opérations offshore de plus grande envergure, l'Institut s'appuie sur un réseau de prestataires et de partenaires mettant à disposition des navires, du matériel hydrographique ou des ROV sur l'ensemble des régions côtières françaises. L'Inrap a également accès aux ressources maritimes du Drassm grâce à des conventions d'utilisation, ce qui lui permet de mener des opérations dans une grande variété de milieux sous-marins.