La Collectivité Territoriale de Martinique (CTM), qui gouverne l’outre-mer français de la Martinique, a exprimé ses inquiétudes concernant la proposition de budget 2027 du gouvernement français. Soumise au Parlement le 1er octobre, cette proposition détaille les modifications des recettes et des dépenses de l’État, ainsi que les ajustements des ressources allouées aux collectivités locales. Le gouvernement vise à réduire le déficit public et attend des collectivités locales qu’elles contribuent via une « contribution progressive » générant 2,5 milliards d’euros. Selon le gouvernement, les collectivités locales disposeraient toujours de 5 milliards d’euros de ressources supplémentaires par rapport à 2026. La CTM conteste l’affirmation selon laquelle 7 milliards d’euros seraient prélevés sur la Martinique, précisant que ce chiffre s’applique à l’ensemble des collectivités territoriales françaises, y compris les communes, intercommunalités, départements et régions. Régions de France, qui représente les autorités régionales, estime que les régions assumeront environ 20 % de l’effort total, soit au moins 1,046 milliard d’euros. La CTM, qui combine les rôles de région et de département, est concernée par des mesures touchant à la fois les régions et les départements, comme la formation professionnelle, le soutien agricole ou encore le financement de l’autonomie des personnes âgées ou des services de secours et de lutte contre l’incendie. La CTM estime que les modifications du financement du FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) lui coûteraient 640 427 euros par an. Ce fonds soutient les agriculteurs dans le démarrage de leur activité et la modernisation de leurs exploitations. Cependant, Régions de France conteste la suppression de 100 millions d’euros de contributions nationales liées au FEADER, tandis que la proposition de loi de finances prévoit également d’autres compensations pour les responsabilités transférées aux régions. La CTM met également en garde contre le fait que les nouvelles dispositions pourraient réduire sa capacité à financer la formation professionnelle, les apprentissages ainsi que les formations en santé et en travail social. Toutefois, le communiqué ne fournit pas de chiffres précis sur les pertes potentielles de la Martinique dans ce domaine. Par ailleurs, la proposition de budget 2027 prévoit de réduire le taux de remboursement d’une partie des investissements, passant de 16,404 % à 11,404 %, via le FCTVA (Fonds de compensation pour la TVA). Ce changement pourrait avoir un impact significatif sur la capacité de la CTM à investir dans les infrastructures routières et les projets liés à la transition environnementale. Le gouvernement prévoit d’allouer 300 millions d’euros supplémentaires issus de la CSG (contribution sociale généralisée) pour financer l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), ainsi que 200 millions d’euros supplémentaires pour l’équipement de la sécurité civile, notamment les services de secours et de lutte contre l’incendie. Cependant, la CTM estime que ces montants sont insuffisants pour compenser la charge financière à laquelle elle fait face. La CTM souligne que ses propres pressions financières incluent des dépenses de solidarité dépassant 70 millions d’euros par an, une perte de plus de 40 millions d’euros de recettes entre 2022 et 2025, ainsi que 20 millions d’euros supplémentaires de charges liées aux revalorisations salariales décidées par l’État. Ces chiffres ne résultent pas uniquement du budget 2027, mais reflètent la situation financière actuelle de la CTM. La CTM appelle les parlementaires martiniquais à modifier la proposition lors des débats parlementaires afin d’éviter que les collectivités locales ne soient disproportionnellement chargées dans l’effort de réduction du déficit national. Le débat porte notamment sur la question de savoir si les collectivités locales doivent assumer une part importante de l’ajustement financier, la CTM estimant que cela serait disproportionné au regard de leurs responsabilités et contraintes financières actuelles.