L'architecte Rodolphe Tchakpala exhorte les villes africaines à concevoir une architecture moderne adaptée aux climats et aux besoins locaux, plutôt qu'à adopter des modèles étrangers.
Un architecte plaide pour une architecture africaine ancrée dans le territoire
Rodolphe Tchakpala, architecte togolais, estime que les villes africaines devraient développer des styles architecturaux adaptés à leur climat, à leurs ressources et à leurs besoins culturels, plutôt que de copier des modèles étrangers.La croissance rapide de Lomé
Lomé, la capitale du Togo, a connu une croissance importante : en 2022, le Grand Lomé comptait 2,19 millions d'habitants, soit 27 % de la population totale du pays. Cette croissance a fait augmenter la demande en infrastructures, notamment en routes, en logements et en systèmes de drainage.Les risques d'inondation dans une ville en expansion
La Banque mondiale souligne que Lomé est vulnérable aux inondations, en partie en raison de son expansion rapide et de systèmes de drainage insuffisants dans certains quartiers périphériques. Cette situation constitue un défi pour l'urbanisme et le développement des infrastructures.Architecture moderne et modèles importés
Dans de nombreuses capitales africaines, les bâtiments modernes sont souvent associés aux grandes façades vitrées et à la climatisation. Tchakpala soutient que ce style perdure en raison d'une conviction largement répandue selon laquelle la modernité passe par des conceptions importées. Or, selon lui, l'objectif devrait être de créer une architecture moderne adaptée aux conditions locales.Utiliser les matériaux traditionnels dans la conception moderne
Tchakpala suggère que des matériaux comme la terre crue et les briques de terre comprimée, souvent associés aux zones rurales ou moins développées, peuvent servir à bâtir des constructions contemporaines. Toutefois, construire en terre peut revenir plus cher, en raison du manque de main-d'œuvre qualifiée.La conception bioclimatique, une approche pratique plutôt que luxueuse
Il souligne que l'architecture bioclimatique, qui consiste à concevoir des bâtiments en fonction du climat local, n'est pas un luxe mais une démarche pratique. Les architectes devraient travailler étroitement avec les communautés afin de répondre à leurs besoins et d'éviter de proposer des solutions qui ne correspondent pas aux réalités locales.L'intelligence artificielle et le rôle des architectes
Alors que l'intelligence artificielle est de plus en plus utilisée pour créer des projets architecturaux, Tchakpala affirme qu'elle ne peut pas remplacer la nécessité, pour les architectes, de comprendre les contextes locaux et d'intégrer les bâtiments dans leur environnement urbain.Appel à repenser l'urbanisme à Lomé
Tchakpala appelle à repenser l'urbanisme à Lomé, en plaidant pour une ville qui reflète ses propres réalités plutôt que d'adopter des modèles architecturaux venus d'autres régions du monde.