Gérard Bulin-Xavier, sociologue et anthropologue, a appelé les Guadeloupéens à créer un mouvement de résistance culturelle centré sur les valeurs fondamentales du pays, en réponse à la montée de la violence. Dans une tribune publiée par CCN - Caraib Creole News, il pointe une vague grandissante de violence systémique touchant plusieurs nations caribéennes, dont Trinité-et-Tobago, la Barbade, le Guyana, Saint-Christophe-et-Niévès, la Martinique et la Guadeloupe. Il estime que cette violence ne relève pas seulement du trafic de drogue, mais aussi d’une perte plus large de sens, de l’effondrement des valeurs partagées et d’une nouvelle forme d’anomie — un terme désignant la rupture des normes sociales, entraînant méfiance et instabilité. Bulin-Xavier souligne que la Guadeloupe dispose des ressources sociales, psychosociales, culturelles, économiques et identitaires nécessaires pour résister à cette vague de violence. Pourtant, il s’interroge : pourquoi l’île continue-t-elle de subir une spirale de violences et d’autres troubles ? Il impute ce phénomène à un manque d’adhésion pleine et entière aux valeurs guadeloupéennes, telles que la solidarité, l’humanité, la résistance, la résilience et l’authenticité, qui ont historiquement façonné la région. La tribune insiste sur la nécessité d’un engagement collectif pour rejeter les influences néfastes, comme les séquelles coloniales et postcoloniales, le consumérisme et l’individualisme, sources d’aliénation. Bulin-Xavier plaide pour la formation d’un front de résistance culturelle unifié, rassemblant tous les secteurs de la société guadeloupéenne — responsables politiques, acteurs sociaux, retraités, jeunes, intellectuels et grand public — afin de dire Non aux différentes formes de violence, comme la criminalité routière, et de protéger la jeune génération des défis de son époque. Bulin-Xavier met en avant l’importance de se souvenir de l’identité guadeloupéenne, terre de solidarité, de créativité et d’amour. Il exhorte tous les Guadeloupéens à s’engager dans cette résistance culturelle, sociale et économique, la présentant comme un devoir moral, et soulignant que le bien-être du peuple doit primer. En s’appuyant sur leurs valeurs communes et leur force collective, il estime que la Guadeloupe peut se transformer et surmonter la crise actuelle.