L’Union du Peuple Guadeloupéen (UPLG), une organisation politique militant pour les droits et l’autodétermination de la population guadeloupéenne, a tenu une Assemblée Générale à Capesterre-Belle-Eau ce samedi. Lors de cet événement, Jean Jacob Bicep, secrétaire national de l’UPLG, a prononcé un discours exposant les revendications du groupe pour que la Guadeloupe prenne davantage le contrôle de son avenir politique et économique. Le discours a ensuite été publié par CCN - Caraib Creole News, un média local axé sur les contenus en créole et les affaires caribéennes. Dans son allocution, Bicep a estimé que la Guadeloupe, actuellement région ultrapériphérique de la France, devait dépasser ce statut et tendre vers une pleine souveraineté nationale. Il a critiqué les dispositifs existants, y compris les propositions d’autonomie, les jugeant insuffisants et trompeurs. Selon lui, une véritable indépendance est indispensable au développement et à la stabilité à long terme de l’île, plutôt que de dépendre de structures qui maintiennent l’influence française sur des domaines clés comme la monnaie ou le commerce extérieur. Bicep a détaillé plusieurs étapes qu’il estime nécessaires pour y parvenir. Parmi elles figurent l’acquisition d’une souveraineté économique et alimentaire, le retrait de l’Union européenne afin d’établir des accords commerciaux directs avec les pays voisins des Caraïbes et de l’Amérique latine, ainsi que la construction d’institutions démocratiques contrôlées directement par le peuple guadeloupéen. Il a également souligné l’importance de promouvoir la langue et la culture créoles, qu’il considère comme essentielles à l’identité et à l’unité de l’île. L’UPLG a réitéré sa demande que la Guadeloupe soit réinscrite sur la liste des territoires à décoloniser par l’Organisation des Nations unies. Bicep a appelé à une stratégie politique claire, incluant des campagnes de sensibilisation, la formation d’alliances avec divers groupes sociaux et politiques, ainsi qu’une diplomatie internationale pour appuyer la cause. Il a aussi reconnu les défis auxquels la Guadeloupe est confrontée, comme des infrastructures défaillantes, un coût de la vie élevé et les impacts du changement climatique, tout en saluant la résilience de sa population et les efforts des travailleurs et des syndicats pour y faire face. L’UPLG reste sceptique quant à l’autonomie comme voie d’avenir, la qualifiant de tactique déplaçant les responsabilités vers les autorités locales tout en laissant les pouvoirs clés entre les mains de l’État français. L’organisation estime que la liberté véritable ne peut s’obtenir que par un équilibre des pouvoirs et en prenant activement le contrôle de son propre destin. Bicep a conclu son discours en exhortant le peuple guadeloupéen à assumer la responsabilité de son avenir et à œuvrer pour la souveraineté, l’indépendance et un futur ancré dans son héritage caribéen.